‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 98 sur 342 · PESTE. -^ PEU · texte numérisé non relu

PESTE. -^ PEU

Ou a dit dans le comique :

$i je te vois jamais regarder cette porte,

M'entends-ta? tu sauras ce que pèse ma main» (LaF^nt., t'Bunuq., v,5.)

/e vou» Oiriii ^^ptir çtf q^a p^em mes çQ^pt, (Bpurs., Le ffprç, ^qf^, 1, ?.)

PESTE, avec le pluriel, vomir toutes leurs pestes, vomir tous kttrs poisons, tous l^urs venins :

Vois combien de serpents à mon commandement

D'Afrique jusqu'ici n'ont tardé qu'un moment,

Et contraints d'obéir à mes clameurs funestes,

Ont, sur ce don fatal, vomi toutes (eurs pestes, {Méfi., iv, 2.)

— Fig., PESTES DE COUR :

Un roi qui de sm nains a reçu la «ouronae

A ce« pesM de eour lAcbemeK l'abandonne. C^oatt^M «> S*)

PEU. UN PEU, iron., pour dire trop, très :

Vous pourriez un peu loin pousser ma patience.

Seigneur. . . {Pulch. , i , 1 .)

•— UN PEU BIEN, devant un adjectif ou un adverbe, assez, très, trop :

tABiKi. Qu'il ne se hâte point, on Taime, assurément.

CUTON. Mais on le lui témoigne un peu ^len rudement. (Le Hem., iv,7.)

Ah I tu me fais l'amour un peu bien rudement. [Suite du Ment., ti, 6.) Mais si vous m'imposez la pleine servitude.

J'y trouverai, comme elle, un joug un peu bien rude. {Oth., m, 3.)

C'est en votre faveur être un peu bien crédule. {CEd.^ i, 2.)

Je n'abuserai point d'un surprenant respect, Qui semble un peu bien prompt pour n'être point svspect.

[Tiie et Bér., v, 5.)

— UN PEU BIEN DU, suivi d'uu subst., pour beaucoup 4rop de :

C'est pour un grand monarque un peu bien du scrupule. {Œd., i, 2.) Vous montrez cependant un peu bien du mépris. {Pomp., ii, 3.)

« Un peu bien du mépris » n'est pas français, dit Voltaire.

Cette locution ne se rencontre guère, mais un peu bifin^ devant ^ adjectif ou un adverbe, se trouve assez fréquemment :

Cet hymen qui du roi vous soumet les Ëtats

Me semble un peu bien prompt pour ne vous gêner pas.

(T. CoBN., Pers. et Dimétr,^ m, 5.) ^^ conseiller et un receveur sont des amants un peu bien minces pour une r^de comtesse comme vous. (Mol., La Comtesse dEscarbagnaa^ se. xi.) ' La déclaration est tout à fait galante; Mais elle est, à vrai dire, un peu bien surprenante. (Id., Le Tari., m, 3.)

f36 PEU.

Cependant je dirai que votre âme s'explique

Un peu bien librement sur votre politique. (Mol., Don Gareie^ u, 1

Ce soin seroit vit peu bien gênant. (Basnaob, HisL des ouv. des Sov., déc.1688 Un sujet qui me paraissoit fort évident d'un côté, mais de l'autre entraînant des conséquences vit peu bien dures, si on ne les éclaircit pas bien. (Batlk, Gcm mem. philos,, Disc, prél.) — Quand je suis venu à considérer la nature mèn des matières que j'ai traitées et poussées quelquefois un peu bien loin, j'ai trom une seconde raison encore plus forte de condamner mon ouvrage aux ténèbres d cabinet. (Id., ibid., iv, préf.)

On trouve de nos jours :

Mais il ne faut pas rougir pour cela, Rumphius, quoique votre propos ait éi un^peu bien leste, et sentant fort son mauvais lieu. (E. Sus, La Vigie de Koa Ven, II, 9.) — Parfois, elle était tentée d'attribuer celte charmante humeur d Denise à l'arrivée de son frère Julien ; mais cette cause était un peu bien nati reUe pour une observatrice aussi subtile que madame la vicomtesse d'Audeme (P. Fkval, Le Fils du Diable, iv. 11.)

— Emploi particulier de la locution un peu de :

Telle est encore celle de l'unité du lieu, qu'on doit arrêter s'il se peut dans salle d'un palais, on dans quelque espace qui ne soit pas beaucoup plus grai que le théâtre, mais qu'on peut étendre jusqu'à toute une ville, et se servir mém s'il en est besoin, d'un peu des environs. [Préf, ou ÀverL au leci. de la 2* paru d Œuv.)

— Emploi remarquable de le peu de :

U me fuit, et l'ingrat ne veut pas Une sa franchise cède au peu que fai d'appas, {La GaL du Pal., v, 4

— c'est peu fait a vous DE REPRENDRE, VOUS aurcz fait pe quand vous aurez repris :

Apprenez de mon prince, à monarque vainqueur, Que c'est peu fait à vous de reprendre une place. Si vous ne trouvez l'art de regagner les cœurs.

{Inscript, mise* sous des estampes, xiv, La Paix d'Alet

— c'est peu de, suivi d'un substantif :

Si je n'y viens à temps, ce perfide en ce cas

A son ombre immolé ne me suffira pas,

C'est trop peu de l'auteur de tant d'énormes crimes :

Innocent, il aura d'innocentes victimes. (C7i<.,it,8

C'est trop peu de Jason que ton œil me dérobe,

C'est trop peu de mon lit, tu veux encor ma robe,

Rivale insatiable... (Med., it, 4

C'eût éié peu des flots, la soudaine tempête

Qui trouble notre joie et dissipe la fête.

Enfante en moins d'une heure, et pousse sur nos bords

Un monstre contre nous armé de mille morts. (Androm,, i, J

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