‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 122 sur 375 · COI. — COLERE · texte numérisé non relu

COI. — COLERE

On trouve d'une manière analogue, avoir le cceur de, pour

oir le courage de:

y aurais te cueur de te deffaire,

S'il n'y avoit excasation. (Farce du nouv, marié qui ne peutt fournir à Cappoinciement.)

301, tranquille, de pied coi, comme on dit de pied ferme :

Attends là de pied coi que je t*en avertisse.

{La Place Roy., iv, i, jr« édit. jusqu'à 1654 inclus. ^

a locution de pied coi, ou simplement pied coi, était d*un

fe très-fréquent autrefois, et se trouve employée jusqu'à

ique de Corneille, en prose comme en poésie :

ad ils virent de prés la profondeur de leur bataille si bien serrée, et où mmes estoient plantés si fermes et de pied coy, ils reculèrent arriére. (Amtot, !nssus.) -^ Si les ennemis vous courent sus, attendez-les de pied coy : te^ùenidepied coy courez leur sus. (Nontaignb, Ess.y i, 47.]— A la bataille irsale entre autres reproches qu'on donne àPompeïus, c'est d'avoir arresté mée pied coy attendant i'ennemy. [là., Ibid,)— Il attendit de pied coy l'em- . (E. Pasq. , Leu.f I, 2.) — Et M. de Guise, sorti de sa chambre pour se r au conseil, fut attendu de pied coy sur la terrasse du chasteau par un lomme auvergnat. (Id., Ibid., ziii, 5.) — De faire une armée plus nom- I que la nostre de six mille hommes, et qui atlendoit de pied coy dans de etranchements qu'il nous falloit forcer. (Naudé, Le Mascurat, in-4*, p. 412.)

LERE, indignation, vengeance :

Sans emprunter ta main pour servir ma colère.

Je saurai bien venger mon pays et mon père. {Le Cid, m. 4.)

^mot de colère, dit Voltaire, ne paraît peut-être pas assez . On ne sent point de colère pour la mort d*un père mis au bre des proscrits il y a trente ans. Le mot de ressentiment t plus propre; mais, en poésie, colère peut signifier indiion, ressentiment, souvenir des injures, désir de vengeance. » COLÈRE, avec le plur. :

Pressé de toutes parts des colères célestes... {Pompect i, 1 )

Jtaire blâme encore légèrement cet emploi. « Colère, subsf, diWl, n'admet point de pluriel. »

Corneille se sert plusieurs autres fois de ce pluriel :

Puissent briser mon chef les traits les plus sévères Que lancent des grands dieux les plus âpres colères; Qu'ils s'unissent ensemble afin de me punir,

,Si je ne perds la vie avant ton souvenir. iMéd,^ m, 3.)

Les nymphes de la mer ne lui sont pas si chères, Qu'il veuille s'abaisser à suivre leurs colères. {Àndrom,, i, 1.)

Ma fiUe, si tu sais les nouvelles funestes De ce dernier effort des colères célestes. {Ibid,, u, 4.)

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