‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 150 sur 375 · COURROUX. — COUTUME · texte numérisé non relu

COURROUX. — COUTUME

COURROUX, avec le plur. :

J'ai voulu vous haïr dès que j'ai su ce don ;

Mais à de tels courroux l'âme en vain se confie,

A peine je vous vois, que je vous justifie. [Tiie et Bér.y m, 5.)

Ces courroux affectés que l'artifice donne

Font souvent trop de bruit pour abuser personne. {^wr»^ v, 3.)

Cet emploi se trouve souvent, antérieurement à Corneille :

Tu me donnes bien des courroux. (Farce du nouv. Marié.]

Cela évite maints courroux, [Farce de la Résurr, de Jeh. Landorre-]

D'un regard, qui respire mercy,

De vos courroux tempérez la menace. (Dbsportes, Sonn.)

Plus cruel en ses plaisirs qu'il n'est en ses courroux, (Motin, Poés.)

Ames dessous l'autel victime des idoles,

Je preste à vos courroux le fiel de mes paroles. (D'Aub., Les Trag., iv.)

Je craignais ses attraits, ses ris et ses courroux. (Régnier, ÉUg,, m.)

Certes, vous êtes bons; et combien que nos crimes

Vous donnent quelquefois des courroux légitimes,

Quand des cœurs bien touchés vous demandent secours,

Ils l'obtiennent toujours. (Malh., Stanc, pour M. de Belleg., 1618.) Et même ses courroux^ tant soient-ils légitimes,

Sont des marques de son amour. (Id., St, spiriu^ 1619.)

Et de tes courroux légitimes

Punys ces lasches imposteurs. (Ragan, Psaumeyiu)

' Leurs animositez ne se plaisent ailleurs Qu'aux matières de pleurs, Que tes justes courroux me rendent si communes. (Id., i^td., xxxvii.) Mais, seigneur, dans tes chastimens.

Tes courroux sont trop véhémens. (Id., ibid., xxxYin)

Et que tes courroux attendris Donneront à ma pénitence Ce qu'ils refusent à mes cris. (Id., ibid.^ ci.)

COUTUME. AVOIR DE COUTUME, commc avoir coutume:

Ce théâtre horrible fait place à un plus agréable. C'est le désert, où Médée a de coutume de se retirer pour faire ses enchantements. (La Tois. d'or^ décor, du 4« acte.)

On a dit de même avant Corneille :

Avant que le bon seigneur roy se couchast, il avoii souvent de coustume de faire venir ses enfans devant lui. (Joinv., Vie de S. Louis,) — Beaulté ne me meut point à vous amer, laquelle a de coustume à esmonvoir les autres. ( Le Livre de Troiluh Bibl. elzév., iv.)

Je ne craindray plus les gensdarmes

Comme avoys de coustume. (Farce de Pernet qui va au vin.)

Les bourgeoises de ceste ville, qui ont de coustume de voir un nombre infini de

jeunes godelureaux qui y vont estudier en médecine. (La grande division arrivée

entre les femmes et les filles de Montpellier ^ 1622, in'-S. Yariét. hist, et liit,, t. vn.)-

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