XXXVI INTRODUCTION
nacé. » {Préf, de Pol.) Placé devant un substantif, il équivaut fréquemment à quelque^ ^ pour chose que y)) quelque chose que. Ainsi construit sans article, il ne marquait parfois que la cause. Nous l'avons encore montré suivi d'un substantif ou d'une préposition , avec le sens de pour ce qui est de. Nous avons multiplié les exemples de cette préposition placée devant un adjectif avec le sens de si, pour grand que, si grand que, pour libertin, pour criminely si libertin, si criminel : il nous a semblé que cette forme, qui n'est pas un hispanisme, ainsi qu'on Ta prétendu, mais un très-ancien gallicisme , et qui fut reprochée à Corneille comme surannée dès la première moitié du dix-septième siècle, pourrait fort bien être remise en usage, à l'imitation de quelques écrivains de nos jours.
Nous en disons autant à^être pour, suivi d'un infinitif, signifiant être capable de, être de nature à, avec un nom de personne ou de chose pour sujet.
Ce ne sont pas les seules manières d'employer pour que nous ayons étudiées. On verra encore, dans ce Lexique de la langue du dix-septième siècle, pour suivi d'un infinitif, dans le sens de quoique, ou de piarce que , nuances délicates de signification qu'on n'avait pas remarquées jusqu'ici.
La préposition sur ne nous a pas fourni tant de remarques. Nous avons seulement noté qu'on la trouve avec le sens de d'après, suivant :« Sur cette maxime. » (P. Corneille) ; qu'elle est quelquefois suivie d'une indication de date : «5wr le neuvième de janvier; 5wr le treizième de février;» qu'elle se joignait avec/)resider, pour remplacer le datif latin : «... d'avoir vue une femme présider sur eux. » (Fadchet.) (xSur quels états l'un et l'autre jor^side. » (P. Corneille.) Enfin, nous avons signalé la locution de sur, du haut de : nDe sur une éminence. » (P. Corneille.)
La principale remarque que le cadre dans lequel nous étions renfermé nous a permis de faire sur la préposition par, c'est qu'elle était souvent régime indirect d'un verbe pronominal :
(Dans le Menteur) « tout l'inlervalle du iroisiéme au quatrième (acte) vraisemblablement se consume à dormir par tous les acteurs. » {Trois. Disc.)
Nous aurions pu citer beaucoup d'exemples de ce genre, ceux-ci entre autres :
« La guerre ne s*en faisoil pas moins cependant ; et il se prenoit et reprenait plusieurs cbâteaux, tant par les deux rivaux de l'arcbevéque de Reims que par
INTRODUCTION. xxxvu
le8 gens du roi, et par ceux de Hugues. » (Mézeray, Abrégé de VHiat, de France,
an 948.)
Parmi^ aussi bien qu'au milieu de, dansy pouvait régir un nom de chose abstraite, ou un substantif qui n'était ni un pluriel indéfini, ni un singulier collectif, comme la grammaire l'exige au* jourdliui.
Devant, préposition ou adverbe, s'employait souvent comme avant. On disait de même, et l'on trouve encore dans la seconde moitié du dix-huitième siècle, au moins en vers, devant que, pour avant que.
La particularité la plus curieuse à étudier dans l'usage des prépositions en général, c'est que le seizième et le dix-septième siècle faisaient suivre de diverses prépositions plusieurs verbes qui ne s'en accompagneraient pas aujourd'hui, ou qui n'en prennent pas dans un aussi grand nombre de cas. Exemples :
On disait abandonner de , pour signifier priver de, cesser d'accorder :
« Gomme un navire en pleine mer, que les vents abandonnent de leur secours. > (Mont.) — c Pour être abandonnés de leurs secours. » (Boss.)
Corneille dit de même, avec un régime indirect de chose :
« Qu'au milieu de toutes mes peines
Ce me soit un soulagement
D'être abandonné pleinement
Des consolations humaines. » (/mtf., m, 16.)
Il a dit affaiblir un État, avec la préposition de, et un substantif indiquant ce qui cause cet affaiblissement :
< Des meilleurs combattants affaiblit un État, » {Le Cid, iv, 5.)
Et nous en montrons des exemples depuis Raimbert de Paris, dans la Chevalerie Ogier de Danemarche, jusqu'à Martin du Bellay, dans ses Mémoires.
Condamner était souvent suivi de la préposition de et d'un infinitif, en parlant de personnes ou de choses, dans le sens de porter l'accusation de ... contre, reprocher telle chose à, condamner comme.
Nous avons vu dans Corneille :
* Les ornements de rhétorique dont j'ai tâché de l'enrichir ( cette narration ) 06 la font point condamner de trop d'artifice, » {Exam. de Cinna,)
Nous aurions pu rapprocher de cette phrase beaucoup d'exemples analogues, comme ceux-ci :
« Ce seul acte pourroit suffire pour condamner nostre siècle cTun plus grand