‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 203 sur 375 · EFFORT · texte numérisé non relu

EFFORT

— EFFORT, en parlant des productions de l'esprit, effort d'invention :

Cette tragédie a encore plus à' effort d'invention que celle de Rodogune , et je pnis dire que c'est un heureux original, dont il s*est fait beaucoup de belles copies, sitôt qu'il a paru. (Ëxam, d'BéracU)

— CET HEUREUX EFFORT DE MA PLUME, pour désigner uno production à laquelle on consacre avec succès toutes ses forces et tout son talent :

Si je souhaite quelque durée pour cet heureux effort de ma plume, ce n'est point pour apprendre mon nom à la postérité, mais seulement pour laisser des marques éternelles de ce que je vous dois. (Le Cid, à M"* de Combalet.)

— EFFORT, énergique emploi au figuré :

J'aime, n'abusez pas, prince, de mon secret,

▲u milieu de ma haine il m'échappe à regret,

Mais enfin il m'échappe, et celle retenue

Ne peut plus soutenir V effort de votre vue. {Rodog., iv, 4.)

— EFFORT, en parlant de sentiments surexcités, de qualités morales portées à un très-haut degré :

Je le désavouerois, s'il n'étoit magnanime,

S'il manquoit à remplir ïeffort de mon estime, {Sicom.t v, 9.)

Je verrai par V effort de votre obéissance

Où doit aller celui de ma reconnoissance. [Penh., ii, 1.)

Grimoald inconstant n'a plus pour vous de charmes,

Mais Grimoald puni vous coûleroit des larmes.

A cet objet sanglant Veffort de la pitié

Reprendroit tous les droits d'une vieille amitié. (Ibid.)

Quoi donc! madame, Olhon vous coûteroit l'empire?

U sait mieux ce qu'il vaut et n'est pas d'un tel prix

Qu'il le faille acheter par ce noble mépris.

11 se doit opposer à cet effort d'estime

Où s'abaisse pour lui ce cœur trop magnanime,

Et par un même effort de magnanimité^

Rendre une âme si haute au trône mérité. (Oi/i., iii, 5.)

Les bons auteurs offrent en grand nombre des emplois analogues, excellents à imiter, comme celui de Corneille :

Vous avez veu que la longueur d'une traistreuse prison n'avoitde rien altéré en moi ny Veffort de mon courage envers Dieu, ny de ma religion catholique. (PasOv Rech., VI, 15.)

Tout craint Veffort de leur vertu, (Racan, Ps,, Ode au Roy.)

Quoi donc? un cœur si fier, si plein de fermeté.

Par Veffort de C amour peut être surmonté! (QoiN., Astraste, u, 3.)

Et dans ce qu'à mes yeux le crime offre d'horreur, Tout l'^^ori de mes soins se doit à l'empereur. (T. Corn., Maxim,, m, 1.) De ce grand caractère il a rempli Veffort, (Id., Pyrrh,^ i, 6.)

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