‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 208 sur 375 · ELOIGNER · texte numérisé non relu

ELOIGNER

deraes, que cette façon de parler,» dit, pour saywsfî/îcûfeon particulière, Ménage, que Ton avait repris d'avoir dit dans son Oiseleur :

« Si bientôt l'insemible éloignoit ces beaux lieux. »

(Observ. sur la long, franc., l" p., c. 148.)

Les exemples pourraient être multipliés à Tinfini; quelquesuns de diverses dates suffiront :

Quant li duï baron se furent desfié,

Li uns eslonge l'autre un arpent mesuré. {Gui de Bourg., v. 2374.)

Trouva sa dame, qui monta sur son cheval et picqua fort, tant qu'iiz eurent

etloingné la place. (Les Cent Nouv, du roi iMuis XI ^ xcviu.) — Incontinent il vous

esbngera et querra autre part son aventure. {Les Évang. des Quen,, édit. Jann.,

Car qui d'amours ne veut prendre le ply«

Et a désir de fuyr le danger

De son ardeur, pour tel mal estranger,

Besoin luy est à'eslongner la personne,

A qui son cœur énamouré se donne. (Cl. Marot, Le Temple de Cup,)

Le texte est celui de la révision que Marôt fit de ses Œuvres en 1538. Dans l'ancienne édition gothique de 1515, on lisait :

Car, comme dit le bon poète ennobli, Se désir as de fuir le danger D'ardent amour, et du tout l'estranger, Eslongne-ioi de la dame ou personne.

A qui du tout ton loyal cœur se donne.

Éloigner quelqu'un^ pour signifier le fuir, était donc plus élégant que s'éloigner de quelqu'un, puisque Marot a cru devoir corriger : Éloigne-toi, de la personne, en éloigner la personne :

Clément Marot a dit encore :

Mon devoir veut i^'eslongne votre face.

Désir me veut près de vous retenir. (^/«gf., xx.)

Le pieuple ne vouloit pas que Pompéius eilongnasi de gueres loin la ville de Rome. (Amtot, Vies, Grassus.)

' Le roy, comme un Paris, affolé d'une Hélèue, Du feu chaud de l'amour portant son âme pleine, Estimoit presque moins perdre sa royauté, -*' ^' •*

Que de sa dame amie éloigner la beauté. (Bâïf, Poim.<, ii, Du Ménil.) Je n'ay vu qu'à regret la beauté du soleil, '

Depuis qu'en soupirant yéloiguay ce bel œil. (Bertaco, Stanc.)

Éloignant vos beautés, je vous laisse en ma placti. Mon cœur....

Mais quand je suis forcé d'éloigner votre vue....

(Desport., Am, de Diane, i, Sonnet xxii.)

Mais il me faut haster, qu'il n'eslongne le bois.

(Lasphrisb, La Nouv. tragi^eom, )

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