T.-C *» ESCORTE. — ESPERANCE
rT*" Les mers pour noyer tout n'attendent que sa loi,
■j!^J La terre offre à s'ouvrir sous le palais du roi,
"^ « L'air tient les vents tout prêts à suivre sa colère,
.^. ^ Tant la nature esclave a peur de lui déplaire. (Méd., ni, 1.)
f^ Qu'on admire avec quelle magnifique hardiesse le poète em- |U& ploie encore cet adjectif:
.."'f La liberté n'est rien, quand tout le monde est libre ;
Mais il est beau de l'être, et voir tout l'univers ,^ Soupirer sous le joug, et gémir dans les fers.
Il est beau d'étaler cette prérogative i- Aux yeux du Rhône esclave et de Rome captive. {Sert., iv,2.)
, -^ On trouve une alliance de mots encore plus hardie et plus *| heureuse dans la scène suivante. Cest Sertorius qui parle :
\ Sylla peut en effet quitter sa dictature;
Mais il peut faire aussi des consuls à son choix, j De qui la pourpre esclave agira sous ses lois.
Et d'une autre manière non moins belle :
Et que peut cet amour dont vous êtes maîtresse, '.^ Cet amour, dont le trône a toute la tendresse,
pf Esclave ambitieux du suprême degré,
; D'un titre qui l'allume et l'éteint à son gré? {Pulch,, i, 1.)
Père dénaturé, malheureux politique,
Esclave ambitieux dune peur chimérique. {l*ol,, v, 6.)
C'est dans de pareilles associations de mots qu'éclate le mente de création du grand poëte.
ESCORTE, avec le pluriel :
Cependant par mon ordre on a mis garde aux portes,
Et d'un amant suspect dispersé les escortes. {Sur,, v, 1.)
Pour assurer ma fuite ai-je ici des escortes J (/6td., v,3.)
ESPÉRANCE, en parlant de choses fâcheuses :
Je ne vous compte à rien le nom de mon époux,
G*est un bonheur pour moi qui n'est pas grand pour vous :
Mais après vos exploits, après votre naissance,
Après votre pouvoir, voyez notre espérance;
Et n'abandonnez pas à la main d'un bourreau
Ce qu'à nos tristes vœux promet un sort si beau. {PoL, iv, 5.)
« On ne peut dire, observe Voltaire, après voire naissance ^ après votre pouvoir^ comme on dit après vos exploits. Voyez notre espérance est le contraire de ce qu'elle entend. Voyez la juste terreur > qui nous reste, où vous nous réduirez ; vous d'une si grande naissance, vous qui avez tant de pouvoir ! y>