‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 231 sur 375 · T.-C *» ESCORTE. — ESPERANCE · texte numérisé non relu

T.-C *» ESCORTE. — ESPERANCE

rT*" Les mers pour noyer tout n'attendent que sa loi,

■j!^J La terre offre à s'ouvrir sous le palais du roi,

"^ « L'air tient les vents tout prêts à suivre sa colère,

.^. ^ Tant la nature esclave a peur de lui déplaire. (Méd., ni, 1.)

f^ Qu'on admire avec quelle magnifique hardiesse le poète em- |U& ploie encore cet adjectif:

.."'f La liberté n'est rien, quand tout le monde est libre ;

Mais il est beau de l'être, et voir tout l'univers ,^ Soupirer sous le joug, et gémir dans les fers.

Il est beau d'étaler cette prérogative i- Aux yeux du Rhône esclave et de Rome captive. {Sert., iv,2.)

, -^ On trouve une alliance de mots encore plus hardie et plus *| heureuse dans la scène suivante. Cest Sertorius qui parle :

\ Sylla peut en effet quitter sa dictature;

Mais il peut faire aussi des consuls à son choix, j De qui la pourpre esclave agira sous ses lois.

Et d'une autre manière non moins belle :

Et que peut cet amour dont vous êtes maîtresse, '.^ Cet amour, dont le trône a toute la tendresse,

pf Esclave ambitieux du suprême degré,

; D'un titre qui l'allume et l'éteint à son gré? {Pulch,, i, 1.)

Père dénaturé, malheureux politique,

Esclave ambitieux dune peur chimérique. {l*ol,, v, 6.)

C'est dans de pareilles associations de mots qu'éclate le mente de création du grand poëte.

ESCORTE, avec le pluriel :

Cependant par mon ordre on a mis garde aux portes,

Et d'un amant suspect dispersé les escortes. {Sur,, v, 1.)

Pour assurer ma fuite ai-je ici des escortes J (/6td., v,3.)

ESPÉRANCE, en parlant de choses fâcheuses :

Je ne vous compte à rien le nom de mon époux,

G*est un bonheur pour moi qui n'est pas grand pour vous :

Mais après vos exploits, après votre naissance,

Après votre pouvoir, voyez notre espérance;

Et n'abandonnez pas à la main d'un bourreau

Ce qu'à nos tristes vœux promet un sort si beau. {PoL, iv, 5.)

« On ne peut dire, observe Voltaire, après voire naissance ^ après votre pouvoir^ comme on dit après vos exploits. Voyez notre espérance est le contraire de ce qu'elle entend. Voyez la juste terreur > qui nous reste, où vous nous réduirez ; vous d'une si grande naissance, vous qui avez tant de pouvoir ! y>

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