‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 252 sur 375 · FALLOIR · texte numérisé non relu

FALLOIR

La vie est peu de chose, et tôt on tard, qu'importe

Ûq'qb traître me l'arrache, où qne l'âge l'emporte? (2^ ef Bér,, y, 1.) MABTiAH.Et si vous me comptez encor poar quelque chose.

Mes conseils agiront comme sons Théodose. ASFAB. Nous en pourrons tous deux avoir le démenti. HABTIAN. Cesi à faire à périr pour le meilleur parti.

Il ne m'en peut coûter qu'une mourante vie.

Que l'âge et ses chagrins m'auront bientôt ravie. {Puieh,, n, î.)

Corneille est toujours dans le courant de la langue générale :

J'ai ordre de coucher chez ma tante ; mais n'importe, c'esi à faire à être on peu grondée. (Baron, La Coq.^ iv, 10.) — L'asile qu'on m'offroit étoit une ressoarce présente. Je l'acceptai donc à la fin, et c'étoU à faire à le quitter si la fortune me devenoit plus favorable. (M"« db Yillbd., Vie de U.S. de Mol,, v.) — Qu'est-ce que de ne se pas produire par son beau côté ? Ce»t à faire à ne recevoir pas les louanges que l'on auroit remportées peut-être. (Batle, Pro)ei ttun Diet. crU., i.)

Dans ce sens, comme dans le précédent, on trouve c'est affairej pour c'est à faire :

Pour moi, j'aurois parlé. Bans un mauvais quart d'heure

Cest affaire à finir sa vie et son amour;

Je suis comme César : s'il faut perdre le jour,

La plus prompte des morts me paroitla meilleure. (SÊNBcé, Conl., hioo.)

— FAIRE, impers., suivi d'un adjectif, comme être :

Qu'il fera dangereux rencontrer sa colère ! {Suite du Ment., m, 2.)

// fait bien piteux et hazardeux, despendre d'un autre. (Montaigne, Ess», i, 9.) — // fait dangereux assaillir un homme à qui vous avez osté tout autre moyoD d'eschapper que par les armes. (Id., ibid.^ 47.) — Il faisait dangereux de le choquer dans ces temps-là. (Mézer., Abr. de /'H(ff. deFr.^ ann. 1588.) — It faisoii dangereux de se trouver à l'ouverture de la porte. ( M"« de La Guette, Mém., Biblioth. elzév.,p.22.)

// doit faire mal sûr recevoir vos serments. (T. Cobn., le Gai. doublé, v, 2.)

— FAIT, part. p. ÊTRE FAIT EN, avoir l'air de :

SuiS'je fait en voleur, ou bien en assassin ?

Traître, en ai-je l'habit, ou la mine, ou la taille? (Suite du Ment., i, !•)

FALLOIR (s'en) , suivi imméd. d'un complém. il s'en faut TELLE CHOSE, comme il s'en faut de telle chose :

Tout fléchit sur la terre, et tout tremble sur Fende ; Et Rome est aujourd'hui la maltresse du monde. LAODiCB.La maîtresse du monde! Ah ! vous me feriez peur.

S'il ne s" en fallait pas l'Arménie et mon cœur, {Nicom,, ui, 2.)

Quoique cette construction semble d'abord plus particulière, elle ne dififère pas, au fond, de la forme : il s'en faut beaucoup, il s'en faut quelque chose :

La Valteline est toute à nous; et, s't/ s'en faut quelque chose, ce n'est qu'un fort

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