‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 263 sur 375 · FEUILLETER. — FIERTÉ · texte numérisé non relu

FEUILLETER. — FIERTÉ

FEUILLETER le digeste , faire ses études de droit :

Tous avez feuilleté le Digeste à Poitiers,

Et Yu, comme mon fils, les gens de ces quartiers. {Le Ment, , v, 1.)

FIDÈLE. Emploi remarquable et très-poétique au fig. :

Va, tu me veux en vain rappeler à la vie.

Ma haine est trop fidèle^ et m'a trop bien servie. {Rodog.y v, 4.)

— PRESAGE FIDELE , présage auquel Tévénement a fidèlement répoiMiu :

0 d'un trouble inconnu présage trop fidèle! (0<A., v,6.)

FIEF, fig. :

D'ailleurs, \i par les biens on prise les personnes,

Le théâtre est un fief donx les rentes sont bonnes. {VIllus. corn,, v, 5.|

FIER, confier. Remarquable emploi au figuré :

Cher prince, dont je n'ose, en mes plus doux souhaits.

Fier encor le nom aux murs de ce palais. [Rodog,^ m, 3.)

Ciel, à qui voulez-vous désormais que }efte

Les secrets de mon âme et le soin de ma vie? {Cinnay iv. 2.)

— SE FIER A SES OREILLES, en croirc ses oreilles :

Sa résolution a si peu de pareilles

Qu'à peine je méfie encor à mes oreilles. [Le Cid, iv, 5.)

FIERTÉ. LA FIERTÉ d'un VOEU , pour signifier un vœu ambitieux :

La perte de Sylla n'est pas ce que je veux.

Rome attire encor moins la fierté de mes vœux. {Sert., iv, 2.)

— FIERTÉ , avec le pluriel :

Ah ! si non plus que vous je n'ai point le cœur bas,

Nos fiertés pour cela ne se ressemblent pas. {Àitilat m, 4.)

.... nos fiertés se ressemblent si bien, Que si la ressemblance est par où l'on s'entr'aime, J'ai lieu de vous aimer comme un autre moi-même. {Ibid»)

D'où naîlroit cet amour, quand je vois en tous lieux De plus dignes fiertés qui me ressemblent mieux? {Ibid.)

Cet emploi, très-fréquent au dix-septième siècle, se retrouve jusqu'à nos jours :

L'humilité corrigera vos jugements désavantageux et téméraires, vos railleries et vos médisances, vos vaines complaisances et yos fiertés, (Bourd., Fanég. de S. Franc, de Paule, i.) — S'étudiant à ménager un mari jaloux; soustenait chaque jour toutes les fiertez d'une humeur vaine et impérieuse, tous les caprices d'un esprit volage et bizarre, les emportements d'un naturel dur et farouche. (Chemiiv.,

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