‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 264 sur 375 · FIGURER · texte numérisé non relu

FIGURER

Serm. iur le jugem, dern», ii.}^ Exempt des mortifications de Tobéissance et des fiertéê du commandement par le sentiment de son immortalité, il porte une âme égale par tout. (Abbadie, Art de se conn., ii, 6.)

Car son cœur, qui de jour en jour

Sembloit ne respirer que haine,

En secret soupiroft d'amour.

De là ses fteriéê implacables. (HAMiLt., Le Bélier, l,)

Ne voyant plus de têtes couronnées, elle fut obligée d'épouser le duc de Neu-

l)Ourg ; mais elle le traita avec des fiertés inconcevables. (Rkonard, Voyage d'Allem.)

— Je ne recois de vous que des mépris et des fiertés povr récompense de mon

amour. (M"* de Yillbd., Mém. du Sérail j v.)

De même, chez des écrivains contemporains de diverse valeur :

C'était une des fiertés du peuple romain de détester, de mépriser^ d'humilier les rois. (Chaxpagnt, Les Césars, Calig., $ vin» I.)— Il cherche h copier quelquesunes des fiertés simples et grandes de M. Guizot, et ce n'est qu'un surcroît d'enflure. (L. Veuillot, Mél., 12 janv. 1849.)

Et pour quelques dessins que vantaient mes convives, Je suis peintre, disais-je, en mes fiertés naïves.

(PoNSARD, L'Honneur etCargent, iv, 6.)

FIGURER, suivi d'un adjectif, représenter comme :

L'impétueuse ardeur d'un courage sensible

A vos ressentiments yï^ure tout possible. {^éâ., i, 5.)

On dit d'une manière analogue , figurer quelqu'un , le représenter, le peindre :

La vaniére me parut fort jolie, et avec plus d'embonpoint qu'on ne me l'avoir Jigurée. (Maucr.» Mém., ch. xx,2* fasc.) — Les hommes, le figurant tovtiouTS à leur mode, en ont fait tantôt un profond génie, tantôt un petit charlatan. (J.-J. Rodss., Rousseau jug fi de J,-J.j â* dial.)

— FIGURÉ, participe passé, représenté :

Mais pourrois-je vous dire à quelle impatience,

A quels frémissements, à quelle violence,

Ces indignes trépas, quoique msA figurés.

Ont porté les esprits de tous nos conjurés? {Cinna, i, 3.)

— SE FIGURER, en parlant de mots, de discours, se présenter

à Tesprit des autres, se laisser voir sous tel ou tel aspect :

Nous ne pouvons souffrir qu'ils (les héros) meurent en repos.

Cependant cet exil, ces retraites paisibles,

Cet unique souhait d'y terminer leurs jours.

Sont des mots bien choisis à remplir leurs discours.

Ils ont toujours leur grâce, ils sont toujours plausibles,

Mais ils ne sont pas vrais toujours, Et souvent des périls, ou cachés, ou visibles, Forcent notre prudence à nous mieux assurer

Qu'ils ne veulent se figurer. {Âgés., m, 1.)

Cette phrase est obscure, et cet emploi singulier.

312 FILS. — FINISSEMENT.

FILS. BEAU FILS, dans le sens déjeune homme élégant, modifié

par un adverbe :

Autrefois en mon temps "D'aussi beaux fils que vous étoient assez contents, Et croyoient de leur peine avoir trop de salaire, Quand je quittois un peu mon dédain ordinaire. (MéL, v,7,)

FIN, subst. AUX FINS DE, en termes de droit :

Élisant, aux fins de la présente opposition, son domicile en la maison et personne de mattre Charles Ycard, avocat au privé conseil de Sa Majesté, (il M* Ch, Ycardf avocat au privé conseil de S, M.)

FINANCER, V. act., verser de l'argent :

II vous supplie de considérer que ledit office fait la moitié du sien qui est d'ancienne création, et, à ces causes, d'être reçu à l'offre du fait de rembourser ledit Hays de ce qu'il aura financé en vos coffres, [Au roi et à nos seiy. de son conseil.)

FINIR, mettre fin à, avec un nom de chose pour sujet :

La paix finit la haine. {Rod., i, 6.)

Cette expression a déplu au commentateur de Corneille : « La haine finit, on ne la finit pas, » dit-il. L'observation paraît un peu subtile. La paix met fin aux haines, ne présente-t-il pas une idée juste et claire , et le vers de Corneille dit-il autre chose?

On trouve encore chez notre poète :

Et ce soir destiné pour la cérémonie

Fera voir pleinement si ma haine est finie. {Rod.j iv, 1.)

Racine a dit finir sa haine, pour signifier mettre fin à sa propre haine :

Malgré lui-même enfin je l'ai cru magnanime.

Ah ! s'il l'étoit assez pour nous laisser du moins

Au tombeau qu'à ta cendre ont élevé mes soins,

Et que, finissant là sa haine et nos misères.

Il ne séparât point des dépouilles si chères! [Androm., ni, 6.)

Corneille a encore dit finir une crainte, pour signifier mettre fin à une crainte :

Je vous rends Aristie, et finis ceue ciainte

Dont votre âme tantôt se montroit trop atteinte. [Sert., v, 6.)

— AVANT CE JOUR FINI, avaut la fin de ce jour :

Ef l'on verra peut-être avant ce jour fini

Ma passion vengée et votre orgueil puni. [Méd.^ ii, 3.)

FINISSEMENT, extrémité, en parlant de déeorations :

Les frises, les festons, les corniches et les chapiteaux sont pareillement d'or,

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