INVENTIF. — INVERSION
Le mal gaigne le corps, pren l'esprit invaincu. (D'Aub., Les Trag,^ iv.) Puis l'Église acoacha comme d'une ventrée
De Thorb, de Bewerland, de ['invaincu Sautrée. (Id., ibid.)
Il demeura invaincu dans ce combat. (D'Urfb, Asir,^ i, 5.) — Si voulut-elle ae monstrer aussi bien invaincue à ce desplaisir, qu'elle avoit tousjours fait gloire dt l'estre à tous les autres. (Id., ibid., i, 10.)
J'entens au doux conflit qu'à l'honneur de Baccbus Les fameux biberons, à tauper invaincus^ Font le verre à la main, sans projet d'autre gloire Que de celle qu'on gaigne à force de bien boire. (St-Amant, Le Caniol.) Ce cocq des beuveurs invaincus, (Id., La Home ridic, XLVii.)
Après avoir passé comme un éclair en Hollande, et réduit ces colosses invaincus à n'avoir plus contre l'ardeur de vostre courage d'autre azyle ni d'autrei remparts que la mer et les tritons. (D'Assoucv, Avenu , Ëptt. au roi.) •
Ce que Diomède n'a pu, Ni lo Péléide invaincu, (Scarr., Yirg, trav., u.)
Le père de La Rue a employé Tadjectif invaincu dans Toraison funèbre du maréchal de Luxembourg (1695).
Furetière condamne ce mot , et le trouve à peine supportable en poésie, par opposition à invincible. Il n'en fut pas moins, et avec raison, selon nous, employé encore au dix-huitième siècle par plusieurs auteurs :
Que nos braves guerriers et vos Grecs invaincus
Une seconde fois fassent trembler l'Evphrate. (Yolt.i Olymp., i, 3.)
opposer au vainqueur un courage invaincu. (Saurin, Spart., iv, 3.)
On retrouve encore quelques exemples de cet utile adjectif dans les écrivains modernes :
Ce fut un douloureux spectacle pour les bons citoyens que de voir rentrer en France les garnisons invaincues de soixante places fortes. (H. HartiN) Hisi. de Fr,^ 1559.) — Montrer en lui l'athlète vaillant au combat de la vie, qui lutte et grandit jusqu'au bout de ses forces, et quitte l'arène, blessé à mort, mais invaincu. (Gilb., Êhge de Yauven.)