‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 41 sur 375 · AIR. — ALENTIR · texte numérisé non relu

AIR. — ALENTIR

« Mais sa mère empêcha sa mort , « Et lui donna deux fois la vie :

« Ou'elle tienne auprès de vous « Rang de sœur et de princesse ; « Ainsi le ciel vous soit doux, »

Voilàle testament qu'en mourantje vous laisse. (Rotrou, Laureper8éc.<,yt9.) Vous connaissez ce dieu : qui ne le connott pas? S'il descend pour vous plaire au fond de ces climats, D'une botte de fard récompensez sa femme. Aitui durent chez vous les douceurs de sa flamme. Ainsi votre bonheur puisse rendre envieux Celui qui pour sa part eut l'empire des cieux.

(La Font., les Am, de Psyché, ii.) Qu'à mon désir pressant votre bonté réponde. Ainsi fasse le ciel que chacun de vos jours Soit marqué par des faits illustres.

Et que dans leurs glorieux cours

On compte encor plus de^dix lustres! (M^^Desh., Lett. àM.Therart.) endez-moi à mon père et à ma patrie. Ainsi puissent les dieux vous conserà vos enfants , et leur faire sentir la joie de vivre sous un si bon père. (Fén., »., II.)

^. Jeter des injures en l'air :

Elle a donc bien jeté des injures en l'air? [La Veuve, v, 3.)

-AIR, Apparence. Avoir l'air dc l'école, avec un nom de )§e pour sujet :

Ce visage, ce port n'oni point l'air de Vécole , , Et jamais comme vous on ne peignit Bartole. {{s MenL^ i, 1.)

'orneille, dans cette même pièce, emploie également cette ression avec un nom de personne. Voyez Égôle.

JiFANGE, sabre, coutelas, cimeterre.

Contre nous der pied ferme ils tirent leurs ai/anges^

De notre sang au leur font d'horribles mélanges. (Le Cid, iv, 3.)

oltaire, voulant employer ce mot dans VOrpbelin de la Chine,

De nos honteux soldats les alfanges errantes A genoux ont jeté leurs armes impuissantes,

'Damis une méprise que La Harpe a relevée :

^Vange est un vieux mot tiré de l'arabe, qui signifie épée. Voltaire , curieux 'etDment de faire usage de ce mot étranger, parce qu'il est sonore, l'a dé- 'é de son acception et l'a employé pour phalanges, bataillons, etc. H valait ^ ne pas s'en servir. » {Lycée, 1, 3, §9.)

LENTIR, pour ralentir :

Non que ma passion s'en soit vue alentie. [Sertor., ir, 2.)

32 ALENTIR. — ALLEll.

— ALEisïiK (s') pour so ralentir :

Le zèle cependant chaque jour devroit croître.

Profiler de l'exemple et de Tempjoi du cloîlru ;

Au lieu que chaque jour sa \igueur salentiL {Imit^^ i, ll.j

Ce verbe appartient proprement au seizième siècle :

0 ma fidèle, allons! Allons, vien, conday-moy Vers celuy qui peut seul aleutir mon esmoy !

(LaMagdel. de F. Rbmi de Bbaov., JV«ijv.j

Et avec le pronom personnel :

J'en trouve qui se mettent inconsidérément et furieusement en lice, et *'fl^tisseui en la course. (Mont.)

Plus anciennement on a dit allentek :

Mais l'ennuy qui me ronge, avec la tyrannie

De celle que les Grecs ont appelle Pénie,

Et mil autres malheurs qui se suyvcnt de loing,

Pour n'avoir jamais eu des richesses grand soing,

Al/enienl ma fureur. (Joach. du Bellay, Au Roi, Sur la Tresfe-)

De même avec le pronom personnel :

Et le cours du torrent tombant de la montaigne

S'allenie quelquefois au plain de la campaigne. (id., il>^^

Selon Voltaire [Comment,, édit. de 1764), «/en/f/r n'a jamMS été français. La vérité eût été de dire, avec le Dictionnaire A Trévoux : « On croit ([ii' aient ir n'est pas aussi usité que ror lentir, »

ALLÉGEANCE, soulagement :

Vains projets, vains discours, vaine et fausse allégeance i {Lm PL Roy. iHi^-l

Non pas que je soupire après une vengeance

Qui ne peut me donner qu'une fausse allégeance. [CUt. m, U

Porte à SCS déplaisirs cette faible allégeance^

Et dis-lui que je cours achever sa vengeance. (Powp., ^'A-i

Enfin, mon père est mort, j'en demande vengeance,

Plus pour votre intérêt que pour mon allégeance. {Le Cidf ii,^'

ALLER. Emploi particulier d'ALLER et veniu : L'esprit ne va-t-U pas et vient comme il lui plaît? [Imii., "» ^-i

— ALLEU, en parlant du cœur, des sentiments qui le portent vers quelqu'un :

Je ne veux point, Seigneur, vous le dissimuler.

Mon cœur va tout à vous, quand je le laisse aller ;

Mais sans dissimuler, j'ose aussi vous le dire, .

Ce n'est pas mon dessein qu'il m'en coûte l'empire. [Tile et lier-, '» •'

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