‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 82 sur 375 · AYE. — BAILLER · texte numérisé non relu

AYE. — BAILLER

C'est-à-dire : Justifiez vos devins, qui vous ont prédit un si bel avenir.

AYE, pour ait y troisième personne du singul. du subjonct. :

J'ai vu mourir Pompée et ue l'ai pas suivi ;

Et bien que le moyen m'en aye été ravi»

Qu'une pitié cruelle à mes douleurs profondes

M'oye ôté le secours et du fer et des ondes.... {Pomp., ui,i}

« Cet aye à la troisième personne, dit Voltaire, est un solécisme

très-commun. On a mis ait dans les dernières éditions. »

AYEUX. GRANDS AYEUX, ancêtres:

Si vous aviez choisi quelque objet sans éclat.

Qui ne pût être à vous que par raison d'Ëtat,

Qui de ses grands ayeux n'eût rien reçu d'aimable,

Qui n'en eût que le nom qui fût considérable,

Il s'est assez puni de son manque de foi,

Me dirois-je, et son cœur n'en est pas moins à moi. {TUeeiBér.,tii,^)

BAIGNER (se) a, pour se baigner dans :

Songe aux fleuves de sang où ton bras «*e«i baigné, (Cm., »'• ^•)

Qu'un frère pour régner se baigne au sang d'un frère,

Qu'un fils impatient prévient la mort d'un père? (Sur., v, 3)

Vengez-vous, baignez-vous au sang du criminel ;

Et sur son corps sanglant je vous mène à l'autel. (Volt., Jll^r , iv,2)

— On trouve d'une manière analogue :

Les Adrians, Trajans, seroient bien de ce rang.

S'ils ne s'esioieni poilus des fidèles au sang. (D'Adb., Trag , n'-'

BAILLER, donner:

Pymante lui baille quelque échappatoire. (C/ii., Arg.)

Ce mot était d'un emploi élégant dans la première moitié a" dix-septième siècle. Ainsi Malherbe, en prose et en \ers,préf^ rait toujours bailler à donner :

Hier le roi dans sa galerie bailla le bonnet à M. le nonce. (L««.» àPeir^^] 15 ocl. 1615.)— Je vois bien que l'on vous baille de grandes alarmes en ce ^^P' là. {Ibid., à Bouille - Malh., 13 août 1615.) — Si l'avis a été baitU comme il «a"'* (Au même, 10 nov. 1620.)

On parle de l'enfer et des maux éternels

Baillés en châtiment à ces grands criminels - )

Dont les fables sont pleines. [Sianc. pour le comte de Soisi-*^^

Le plus célèbre disciple de Malherbe affectionnait aussi Te^"' i]^\oï de bailler :

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