‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 83 sur 375 · BAISSER. — BALANCER · texte numérisé non relu

BAISSER. — BALANCER

Ils lisent les premiers les lettres qu'on lui baille. (Ragan, Berg,, u.) 0118 croyons inutile de multiplier ces exemples. egrais nous fait connaître à quelle occasion le mot bailler ia d'être employé dans le mopde élégant :

'n Gascon demanda un jour dans une compagnie :Qui est-ce qui baille le bal? eu de dire : Qui est-ce qui donne le bal? Depuis ce temps-là l'on a banni le k bailler f qui avait plus de cinq cents ans de bourgeoisie, v (Segraisiana, Paris, p. 75.)

■ BAILLER A QUELQU'UN A RAMENER , conficr à quelqu'un pour I ramène :

a lai fait reconnaître Pymanthe pour l'auteur de ces perfidies; et Vayant à ses veneurs à ramener, il pique à toute bride vers le château. (Argum.

USSER , pour abaisser :

Montons, de grâce, au trône ; et de là beaucoup mieux Sur le choix d'un époux nous baisserons les yeux. lioNOR. Vous les abaissez trop ; une secrète flamme A déjà malgré moi fait ce choix dans votre âme. (D, Suncbe, i, 1.)

ilte signification s'est heureusement conservée :

De son trône enflammé qui luit au haut des cieux,

Sur le héros français daigna baisser les yeux. (Volt., Henr., 1.)

il cela n'est point connu de ceux qui , chargés de grandes affaires , occupés Qveroement des Etats et du devoir de rendre heureux les hommes, ne peu- *<iisser leurs regards sur des querelles et sur de pareils ouvrages. (Id. , Mél,

ELANCE. EMPORTER LA BALANCE SUR, l'emportcr sur :

L'amour sur le respect «mpor/e la balance, (Clit., ii, 5.)

ÊTRE EN BALANCE, en parlant d'un sentiment :

Parlez, je vous dois tant que ma reconnoissance

Ne peut' éire 'sans honte un instant en balance. [Sert., i, 2.)

METTRE EN BALANCE , commc tenir en balance :

Notre longue amitié, l'amour ni l'alliance.

N'ont pu meure un moment mon esprit en balance. {Hor., ii, 3.)

e- prévoyance me mil plusieurs fois en balance, si je ne chercherais pas léme un asile hors du royaume. (J.-J. Rouss., Confess., xi.)

HETExMR l'esprit DE QUELQU'UN EN BALANCE : Voilà ce qui retient mon esprit en balance. [Sert., i, 2.)

^LANCER, V. act., tenir en suspens, faire hésiter :

Si l'on court au grand crime avec avidité, il en faut réprimer l'impétuosité ,

84 BALANCER. — BANDOUER.

Avant que les esprits qu'on juste effroi baUmce

S'y poissent enhardir sur notre nonchalance. [Oih„ t, 3.)

— BALANCER ENTRE, tenir flottant entre :

Et quel choix voulez-vous qu'une chrétienne fasse,

Réduite à balancer son esprit agité

Entre l'idolâtrie et l'impudicité? {Thioi., m, 1.)

Vous avez la mémoire trop honne Pour avoir oublié que vous me fîtes roi,

Lorsqu'on balança ma couronne

Entre Léotychide et moi. (Agis-, m, ^

— ÊTRE BALANCÉ, être entraîné en sens divers, être tenu 0» suspens :

Mais à ce peu de mots je crois que sa pensée Entre vos deux amants n^est pas fort balancée. [Le Cid, \,l]

Et je sens tout mon cœur balancé nuit et jour Entre l'orgueil du diadème

Et les doux espoirs de l'amour. [Àgit-t m, 4 )

Celui qui est balancé par des opinions probables opposées, voit de part et d'autre des raisons considérables qu'il peut suivre. (Nicole, DécaL, l*' comm.. 8« inslr., sect. 2, c. v.)

BALUSTRE , pour désigner les galeries du théâtre, ou plutôt les personnes qui les occupent :

Bla veine qui charmoit alors tant de balustres^

N'est plus qu'un vieux torrent qu'ont tari douze lustres.

(Au Roi, sur son retour de Fl(ml")

BANDE, compagnie, société :

A force de tarder tu m'as mise en souci ;

11 est temps, et Daphnis par un page me mande

Que, pour faire servir, on n'attend que ma bande. {Gai. du Pal,, 1. 1^)

Cette expression est donnée, dans une comédie satirique delà seconde moitié du dix-septième siècle, comme étant du style précieux :

A propos d'Oriane, elle dtne chez vous:

J'y dîne aussi, ma chère, et je suis de la bande* .

(BouRSAULT, Le Portr. du Peintre, ». "M

Bande se trouve encore employé de diverses manières particulières pour compagnie j troupe j comme dans cet exemple :

Il me demanda en grâce de lui faire entendre ma bande de violons, qai éiail bonne. (Mlle os Montpens., Mém., 1651.)

BANDOLIER, le même que bandoulier :

On a vu des Césars, et même des plus braves, « i

Qui sortoient d'artisans, de bandoliUrs, d'esclaves. (Atti'O' i^i *

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