‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 84 sur 375 · BANNIR. — BAS · texte numérisé non relu

BANNIR. — BAS

ANNIR, pour signifier faire quitter la compagnie :

Ma maîtresse vous souffre, et l'ingrate me fuit ;

Quelque goût qu'elle prenne en votre compagnie ,

Sitôt que* j'ai paru, mon abord Va bannie, {Ulllus, corn,, u, 7.)

iNQUEROUTE. faire banqueroute a , est employé par Core d'une manière que Voltaire paraît avoir justement blâmée:

iefais banqueroute à ce fatras de lois. [Le Ment,, i, l . )

On disait alors, observe l'illustre commentateur, faire banmte, pour abandonner, renoncer, quitter, se détacher, mais mal )pos ; banqueroute était impropre, môme en ce temps-là, dans asion où l'auteur l'emploie. Dorante ne fait pas banqueroute lois, puisque son père consent qu'il renonce à cette proon. »

*RE, barrière:

Le Bourguignon d'ailleurs sépare leurs provinces,

Et servirait pour nous de banc à ces deux princes. {Attiia, iv. 4.)

^. UN OEIL BAS , un œil baissé à terre :

A leurs noms, un grand froid, un front triste, un œil bas y

M'ont fait voir aussitôt qu'ils ne lui plaisaient pas. {Oili., 1, 3.)

METTRE BAS, fig., dépouillcr :

Malgré notre surprise et mon insuffisance, Je vous obéirai, seigneur, sans complaisance. Et mets bas le respect qui pourrait m'empécher

De combattre un avis où vous semblez pencher. {Cin.^ 11. 1.)

Croyez-moi, mettez bas l'artifice. {Oih,, 11, 5.)

METTRE BAS LA FIERTÉ, fig., dépouillcr la fierté :

Et j'avouerai, seigneur, que pour mon hyménée

Je crois tenir un peu de Rome où je suis née.

Je ne demande point la pleine liberté,

PuisqueUe en a mis bas l'intrépide fierté, {Oth,, m, 3.)

Emploi elliptique remarquable de la même locution :

*£. Je serai cependant aveugle eu mon bonheur.

Et d'un si grand bienfait j'ignorerai la source? à Dorante, Curiosité bas, prenons toujours la bourse. (Suite du Meut,, 1, 2.)

BAS, adv., pour à bas :

Et je n'aspirerais au bonheur de vous plaire

Qu'après avoir mis bas un si grand adversaire. [Pomp. , iv, 3.)

La tyrannie est bas, et le sort a changé. {Ibid., 11, 3.)

Unissons-nous ensemble, et le tyran est bas, [Sertor,, 111, 2.)

Page 1