BÉNIN. — BIEN
Le dix-septième siècle employait très-fréquemment beau pluriel dans le même sens que le singulier, en prose comn poésie :
Ses vertas ne la font point régner plus sagement que ses beautés la font de bonne grâce. (Malh., LetL^ à la princesse de Conti, 29 mars 1614.) J'entends de tous côtés Publier vos vertus, seigneur, et ses beautés. (Rac, Bérén,.
C'est faire à vos beautés un tiiste sacrifice, Que de vous présenter, madame, avec ma foi, Tout l'âge et le malheur que je traîne avec moi. (Id., Milhr.^ Celuy-cy espris des beautez de Blanche, mesme du vivant de Louis YIIl, qu'elle se moquoit de sa folie, s'estoit rangé par dépit avec ses ennemis. Hist. de France^ Blanche, reine de France, 1523.) — Le duc d'Anjou, s'imî tout d'un coup que ce qui faisoit sa rôverie pouvoit bien causer celle du Guise, lui demanda brusquement s'il pensoit aux beautés do la prince Montpensier. (M"' de Laf., Lett.., à la princesse de Montp.) —Il lui répa riant qu'il paroissoit lui-même si occupé de la rêverie dont il l'accusoi n'avoit pas jugé à propos de l'interrompre; que les beautés de la princ< Montpensier n'éloient pas nouvelles pour lui; qu'il s'étolt accoutumé à e porter l'éclat du temps qu'elle étoit destinée à être sa belle-sœur. (Id., i Oùoiqu'elle approchât alors de soixante ans, elle étoit encore aimable, e flatterie, on pouvoit dire qu'elle avoit encore de grandes beautés. (M**d: TEV., Mém., 1661.)
BÉNIN, adj., doux, favorable, employé dans le style nob
Des dieux les moins bénins l'éternelle puissance
Ne veut de nous qu'amour et que reconnoissance. {Audrom,,
Toutes ont hors des flots paru presque à l'instant,
Et leurs bénins regards envoyés au rivage
Avecque notre encens ont reçu notre hommage. {lùid.
BIEN, avantage, avoir, donner le bien de, avoir, pro l'avantage de :
Puisse d'un prompt succès votre grande entreprise
Combler nos ennemis d'un mortel désespoir.
Et me donner bientôt le bien de vous revoir! [Méd%
Et pour vous imiter, je veux avoir le bien
D'être aussi la première à vous offrir le mien. {Jiieei Bér,,
— LAISSER LE BIEN DE, laisscr Tavantagc, le bonhcur fl
Ah ! redouble plutôt ce dédain qui me tue.
Et laisse-moi le bien d'expirer à ta vue. {GaL du Pal ,
-— Et encore dans le même sens :
Trop heureux que mon sang puisse te satisfaire.
Je le veux tout donner au seul bien de te plaire. [La^Veuve,
— BIEN QUE, quoique, séparé en deux par plusieurs mol
Bien, dit-il, que je touche à la fin de mes jours,
Vous n'avez pas en vain amené du secours. {Pomp