‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 88 sur 375 · BIENSÉANCE. — BLAME · texte numérisé non relu

BIENSÉANCE. — BLAME

Cet emploi n'est pas fréquent, et on en trouve cependant des exemples dans de bons auteurs jusqu'à nos jours :

. Caroline sollicitait sans cesse pour Murât, lequel, tout léger qu'il était, payait da moins les bienfaits de son beau-frére d'un dévouement qui ne permettait pas d'aagurer alors sa conduite postérieure, bieu, il est vrai, qnoû doive tout allendre de la légèreté. (Thiers, Consul, et Emp., 1. xxiv.)

filËNSÉANCE. IL EST DE BIENSÉANCE, il cst bienséant :

Un aveu plus précis est une conséquence

Qui pourroit vous embarrasser.

Et même à notre sexe il est de bienséance

De ne pas trop vous en presser. {Àgés.t i, 2.)

— SORTIR DE LA BIENSÉANCE , avcc uu noiu de chosc pour sujet, être contraire à la bienséance, s* écarter de la bienséance :

Le caractère d'Angélique sort de la bienséance, en ce qu'elle est trop amoui^Qse, et se résout trop tôt à se faire enlever par un homme qui lui doit être sospect. (Exam. de la PI. Roy.)

BI6EARRE, pour bizarre :

Cette bigearre humeur n'est jamais sans soupçon. {GaL du PaL, m, 4.)

Corneille n'a gardé que jusqu'en 1 654 cette forme ancienne. BLAME, déshonneur, vivre sans blame :

Qu'après m'avoir chéri quand je vivais sans bldme^

Qui m'aima généreux me haïroit infâme. [Le Cid, m, 4.)

Corneille supprima cette expression dans les dernières éditions, et mit :

Que malgré cette part que j'avois en ton âme, Qui m'aima généreux me haïroit infâme.

"* NE JUGER POINT DE BLAME A, uc trouvcT poiut dc blâme, cest-à-^ire de crime à :

L'un aveuglé d'amour ne jugea point de blâme

À ravir la beauté qui lui ravissoit l'âme. (/^a Veuve, v, 1.)

^ mot blâme était autrefois très-fréquemment employé dans '^ sens de déshonneur, mauvais renom, honte, turpitude :

Par ma foy, Je ne veulx rien savoir, ma femm£« De paour de trouver quelque blasme.

(Farce de la Résun-, deJen, Laudore.)

^•assurant que Vostre Majesté ne pourroit trouver que très esirange, luy estant

T^^ je suis, et avec le courage que j'ay, que je passasse sous silence les es-

lAj??® blasmes Aon\ ils chargent mon honneur. iLett. miss, de Henri IV, t.v, p. 72,

Et purge mon état d'infamie et de blâme. (Racan, Psaumes, xxix.)

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