‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 115 sur 743 · CHOQUER. — CLARTÉ · texte numérisé non relu

CHOQUER. — CLARTÉ

— choix, objet du choix :

Vous êtes le choix de ce grand génie, qui n'a fait que des miracles. (Disc, de récept. à CAcad.)

CHOQUER , attaquer de près et vivement, choquer la fortune :

L'àme doit se roidir plus elle est menacée,

Et contre la fortune aller tête baissée,

La choquer hardiment, et, sans craindre la mort,

Se présenter de front à son plus rude effort. {Méd.t i, 5.;

CHUTE, suivi de dans, avec un régime :

La chute d'un méchant dans le malheur a de quoi nous plaire par l'aversion que nous prenons pour lui. (Deux. Disc.)

Et te laissera faire une chute effroyable

Dans Us piéyes du monde et les filets du diable. (Imit.t 1, 24.)

On comprend difficilement qu'un emploi si heureux n'ait pas été seulement indiqué par les dictionnaires. Le goût autoriserait certes encore aujourd'hui à dire avec Corneille : La chute d'un méchant dans le malheur, faire une chute effroyable dans les pièges du monde. On pourrait dire aussi bien avec d'excellents écrivains :

La chute de Tertullien dam le montanisme est une des plus étonnantes dont on nous ait conservé la mémoire. (Duguet, Conjér. eccl. , vi° dissert. , § 3 ) — Il n'y a que l'Ecriture sainte qui nous donne une notion claire et certaine de l'homme, en nous découvrant les avantages de sa première origine, sa chute dans le péché et les suites funestes de cette chute. (Roll., Traité des études, vu, 1.)

Et en parlant d'une chose matérielle :

Nous y venons souvent, à la chute du soleil dans la Méditerranée. (Lamabt., Nouv. Confid., lOMett.)

CLAIR, tirer la vérité plus claire, comme on dit, tirer une affaire à clair :

Quelque secret mystère est caché là-dessous.

Allons, pour en tirer la vérité plus claire,

Seules dedans ma chambre examiner l'affaire. (La Gai. du Pat., m, 8.)

CLARTÉ, fig., avec le plur., lumières de l'esprit :

Je ne veux plus d'époux, mais il m'en faut une ombre,

Qui des Césars pour moi puisse grossir le nombre,

Un mari, qui, content d'être au-dessus des rois,

Me donne ses clartés et dispense mes lois. (Pulch., v, 3.)

Vous avez des clartés que mon insuffisance.... (Sert., n, 3.)

Sens usuel chez les grands écrivains du dix-septième siècle.

m CLÀUSION. — CŒUR.

— clarté, fig. et avec le plur., lumières, éclaircissements :

Quoi qu'il an soit, madame, allez trouver Phorbàs.

Tirez-en, s'il se peut, 4es clartés qu'on n'a pas. (GEd., iv, 4/

CLAUSION de compte, règlement de compte :

A ce que pour sa décharge il soit procédé à l'examen dudit compte et clausion d'icelui. {Comptes de la paroisse St-Sauv.)

CLORE, fig. :

.... Oui, seigneur, cette heure fortunée

Par mes derniers soupirs clora ma destinée. (/Vrcom., iv, 2.)

Suivant Voltaire, « clore, clos, n'est absolument point d'usage dans le style tragique. » Pourquoi? Ce mot n'est-il pas clair, imagé , harmonieux î Que faut-il de plus pour la dignité tragique? Clore, clora, et même clos, se trouvent employés dans les vers les plus relevés, les plus soignés et les plus agréables :

Avant le temps tes tempes fleuriront.

De peu de jours ta Gn sera bornée.

Avant le soir se clorra ta journée,

Trahis d'espoir tes pensers périront. (Roxsaed.1

Hélas ! ma fille, hélas ! qui me clorra les yeux, Mais que mon pasle esprit soit monté dans les cieux?

[RkCAS9LcsBcrg.t m, *.,

Mais que, dans cet exemple, signifie quand.

CLOSAGE, enclos :

Qui, seul et désarmé, cherche dedans ces bois

l'n buMif piqué du taon, qui, brisant nos dosages.

Hier, sur le chaud du jour, s'enfuit des pâturages. (Cfif., h, 7, l"éd.;

dosage* avant le dix-septième siècle, était employé pour signifier non -seulement enclos, mats encore champs voisins (Tuiw ville, champs. qui entourent, enclosent une ville. Le vieux français avait aussi la forme clautsage.

CŒUR, être le coeur de QiELQr'iN, être l'objet de toute son affection :

ll/«i ainsi que vous «V corar <fuu roi Louis, [slemerc. a* card. Muter.)

— perdre le ccKCR de, suivi d'un infinitif, perdre le courage, la hardiesse de :

Les Morts ont appris par force a tous cotMoUrt.

El, Uni de fou \aincus. ils am jwnla k cwnr

Or » plus hasarder contre un si fraad vainqueur. (Le CM, u,6.)

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