H ADMIRER. — ADRESSE
ADMIRER, s'étonner de :
J'admire celte antipathie Qui vous l'a fait haïr avant que de le voir. Mf/l**> i, ••)
Signification autrefois très-usuelle :
— admirer, en parlant d'une chose odieuse :
L'un s'émeut de pitié, l'autre est saisi d'horreur,
L'autre d'un si grand zèle admire la fureur. (Hor., m, 2.)
Tandis qu'Achillas même, épouvanté d'horreur.
De ces quatre enragés admire ta fureur. [Pomp.t n, 2.)
ADORER, fig. et par extension, dans le sens de vénérer, révérer :
Aujourd'hui quelques-uns adorent cette règle, beaucoup la méprisent. (Clit., préface.)
J'en estime l'humeur, j'en aime le visage,
Mais, plus que tous les deux, j'adore son message. (La Suite du Ment., i, 3.)
Soupirer à ses pieds, pleurer à ses genoux,
Trembler devant sa haine, adorer son courroux. (Androm., v, 1.)
J'adore cet orgueil, il est égal au mien,
Madame, et nos fiertés se ressemblent si bien.
Que.... (Attila, m, 4.)
Cet emploi par extension était très-familier au dix-septième siècle :
Je n'empêche pas que ceux qui adorent toutes les pensées des anciens ne sauvent ce philosophe à la faveur de l'allégorie, ou.de quelque autre figure. (Boss. . Fragm. sur div. mat. de contr., 1er fragm.) — Nous adorons dans chaque partie de celle Ecriture une profondeur de sagesse, une étendue de lumière, une suite de vérités si bien soutenue, que.... (Kl., ibirt., 5e fiagm.) — Si l'on n'a rien de plus précis pour expliquer les prophéties, il vaudroit mieux en adorer l'obscurité sainte, et respecter l'avenir que Dieu a mis en sa puissance. (ld.. Variai. t xiu, 35.) — J'estime, auiaul que personne, les anciens et leurs ouvrages, mais je ne les adore pas, et je ne suis point persuadé qu'on ne fasse plus rien qui en approche. (Pkrr., Purull. des anc. et des mod , 1er dial.) — Bonnivel, dont l'esprit trop vain ne savait pas discerner la vérité d'avec les flatteries de ceux qui adoraient sasupiême faveui. (Mkz., Uist. de Fr.% 1. vi.)
ADRESSE, marque qui sert à diriger, moyen qui aide à parvenir à un terme :
Ni ton savoir profond, ni l'ingrate sagesse
D'aucun autre savant Ne te peu! vers le ciel faire une sûre adresse. (Imit., i, 7, édit. 1C51.
On a dil dans le mémo sens :
Il a tenu un chemin si peu battu dans la carrière de la véritable gloire, que je n'y trouve ni trace, ni adresse pour me guider. (Mascar., Orais. fun. de Turéuni; n.)