COULEUR
i ne plus payer leurs taxes , et beaucoup d'autres qui affectent de laisser couler le désordre dans la police. (Retz, Mém., 1. 11, 1649.)
De même encore, avec le pronom personnel dans le sens passif:
Toutes sortes d'erreurs se couloient insensiblement dans l'Angleterre. (Boss., Var., vu.)
Corneille emploie aussi se couler, pour parler d'un bruit qui se répand sourdement :
Et pour comble d'effroi , Un faux bruiu'y coula touchant la mort du roi. (Rodog., i, 1.
— laisser coller, laisser se perdre, laisser échapper :
Et ce nouvel amant déjà trop vous néglige,
Laissant ainsi couler la belle occasion
De vous conter l'excès de son affection. [Met., u, 2.)
— couler, neutr., au sens mor., s'insinuer, pénétrer :
Mille agitations que mes troubles produisent
Dans mon cœur ébranlé tour à tour se détruisent;
Aucun espoir n'y coule où j'ose persister. (PoL, tu, 1.)
— se couler, se glisser, au sens mater. :
Quitte-moi, je te prie, écoule-toi sans bruit. (La PL Roy., m, 6.)
COULEUR, prétexte, raison spécieuse :
J'aurois cru qu'Aristie ici réfugiée,
Que forcé par ce maître il a répudiée ,
Par un reste d'amour l'attirât en ces lieux
Sous une autre couleur lui faire ses adieux. (Sert., i, 2.)
Mou extrême indulgence a donné par malheur
A vos rébellions quelque foible couleur. [La Suit., v, 7.)
Pour fuir en sûreté je lui prête main forte,
Ou plutôt je lui donne une Adèle escorte,
Qui sous celte couleur de lui servir d'appui,
Le met hors du royaume, et me répond de lui. {Penh., v, 1.)
— chercher des couleurs a (un infinitif) :
La représentation de cette tragédie n'a pas eu grand éclat, et sans chercher des couleurs à la justifier, je veux bien ne m'en prendre qu'à ses défauts, et la croire mal faite, puisqu'elle a été mal suivie. (Exam. de Théod.)
— couleur, apparence de raison :
Et moi non sans couleur, encor qu'injustement,
Je fus conduit par eux en cet appartement. [Suite du Bleni., i. 1.)
— couleur , aspect général sous lequel on peut envisager une chose :
L'action 1a plus belle a diverses couleurs. {Âgés., m, 1.)