DÉGRADER
Destin, qu'à ma. valeur tu te montres contraire!
C'est ma reine elle-même avec mon secrétaire !
Tout mon corps se déglace, écoutons leurs discours.
Et voyons son adresse à traiter mes amours. {LUI us. corn., m, 7.)
On trouve de même activement :
Darde sur eux, tyrantz de liberté,
Pour déglacer la flère cruauté
Qui dans leur cœur trais tement se recelé.
(Loys le Cadon, Poé*., fol. 21, r\)
DÉGRADER du titre de, ou simplement, dégrader de :
Et si Romesavoit de quels feux vous brûlez,
Bien loin de vous prêter l'appui dont vous parlez,
Elle s'indigneroit de voir sa créature^
A l'éclat de son nom faire une telle injure,
Et vous dégraderoit peut-être dès demain
Du titre glorieux de citoyen romain. (Nieom., i, 2.)
11 n'est plus de ma race, après son attentat. Ce crime ïen dégrade, et ce coup téméraire Efface de mon sang l'illustre caractère. {Androm., v, 6.)
On a dit, évidemment à l'imitation de Corneille :
Ce ne sont pas les vices criants qui nous dégradent la plupait du titre auguste de dispensateurs fidèles. (Mass., Disc, synod., xiv.) — Que prétendons-nous, que vous rappeler à ce moment fatal et peut-être proche, où, dégradés devant Dieu, de votre rang et de vos titres, ce que vous aurez fait pour le salut, fera seul notre consolation et votre éloge? (Id., Oraison fun. de Madame, duc h. d' Orl.)— C'est Dieu seul qui fait tout, Dieu seul qui fait régner les rois, qui les place sur le trône ou qui les en dégrade. (Id., Serm. du jeudi après les Cendr., i.)— Ozias fut à l'instant couvert de lèpre, dégradé de sa royauté. (Id., Serm, du mardi de la prem. sem. de car., 1.) — Ne serait-ce pas une grande peine et une espèce d'ignominie pour vous , si nous défendions dans ce diocèse ces assemblées publiques de prêtres et de pasteurs..., et si nous vous dégradions d'un droit et d'un honneur qui fait toute la gloire et toute la consolation du collège sacerdotal. ( Id., Disc, synod., xx.)— Ils doivent retrouver en nous leurs pères et leurs pasteurs; l'humeur, la hauteur, la rudesse que nous inspirent souvent la grossièreté de leur éducation et la bassesse de leur état nous dégradent de la sublimité de ces tares. (\à.tibid.)— La foi de ces mystères a trouvé tout l'univers docile : les Césars, qu'elle dégradait du rang des dieux; les philosophes, qu'elle convainquait d'ignorance et de vanité.... (Id., Serm. pour le jeudi après les Cend., il.) — L'envie le dégradera de sa naissance divine. (Id., Serm. pour Vlncarn., \.) — En dégradant l'homme de bien de l'honneur qui lui est dû. (Id., Serm. pour le mercr. de la A* sem. decar., 1.) — On le voit résolu de ne point monter à une des premières dignités de l'État, plutôt que de dégrader son Eglise du rang et de la dignité de première Eglise de France. (Id., Oraison fun. de filler., n.) Je ne voudrais point d'autre raison pour dégrader les comètes de la qualité de signes de la colère de Dieu. (Batle, Lett. sur les cornet., av. au lect.) Pour dégrader les comètes du rang que. (Id., ib , p. 187.)
On trouve de même avec le pronom personnel :
Je ne voulus pas me dégrader moi-même du litre de cardinal français en m'excluanl des fonctions qui étaient particulières à la nation. (Rktz, Mém., v, 1655.)