‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 196 sur 743 · DONNER · texte numérisé non relu

DONNER

DONNER, act. donner un exemple a, le proposer :

El la postérité dans toutes les provinces

Donnera toire exemple aux plus généreux princes. {Cm., v,3.)

— donner ses intérêts a qi blql'un, luien abandonner le soin.

Mais après une offense si publique, il y faut un peu plus de cérémonie, je ne J vous la rendrai pas malaisée, et donnerai tous mes intéiêit à qui vous voudrez de . vos amis. [Lett. apolo'j.) J

— donner a , sacrifier à : j

C'est générosité quand, pour venger un père.

Notre devoir attaque une tête si chère ;

Hais c'en est une encor d'un plus illustre rang,

Quand on donne au public les intérêts du sang. [Le Cid, îv, ?.;

Mais donnons quelque chose ù Rome qui se plaint. \Nicom., iy, 3.

De môme absolument :

Et si, voyant sa mort due à sa trahison,

Je donne à la nature ainsi qu'à la raison. • [Pomp , v, 5.)

Jkmner, pour signifier sacrifier, immoler quelque sentiment, en faveur de quelque personne, ou pour quelque considération, s'est dit très-longtemps et jusque dans le dix-huitième siècle :

Qu'ils donnent leurs passions, leurs querelles, leurs vengeances et leurs ambitions ou bien de la France, leur mère, a* seivice de leur roy, à leur repos et au nostre. {Li tt. miss, de Henri /F, t. n, p. 456. 4 mars 1529.) — Si la fortune, par quelque voie digne de sa bizarrerie, me vouloit donner moyen de vous en rendre quelque preme (de sa reconnaissance;, ce seroit une gratification à laquelle je donnerais trèsvolontiers tout ce que j'en ai jamais reçu d'injure par le passé. (Main., len., à l'é- >èque d'Évreux. 9 nov. 1601.) — Hâtons-nous de donner à Dieu dos ressentiments. (Boss., Serm, pour le mardi de ta trois, «est. de cor., m.) — (Scipion, donna ses ressentiments au public, aimant mieux vivre loin de Rome par l'ingratitude de quelques citoyens, que de s'en rendre le maître par l'injustice d'eue usurpation. ;St.-Évrkm., Ré fies, sur les ilir. gén. dm. peuple rom9)

Siuorix a donné sa vengeance à la reine. (T. Couk.. Ce»., v. 1.)

Je dois « l'heure de ta naissance

Sacrifier ma haine et donner ma vengeance. (Id.. Dur., t. 3.)

«Juand même je voudrois me cacher à tout autre.

Je donnerois ici mon intérêt au vôtre.

Et je vous en dirois la pure mérité. Id.. U Jetnt Asiroi , rv. n)

L'un et l'autre destin vous donne lieu de craindre.

Et dans l'un et dans l'autre il faudra vous contraindre,

A \os tristes soupirs permettre peu d'éclat.

Donner votre chagrin <i* besoin de l'Etat. (Id^UGeoV. desm-mâmt, n. 1.. Quiutiu* les conjure de donner leurs ressentiments particuliers «a bien public, et de vouloir rétablir dans la ville la paix et la concorde. v Yestot, RéroL ronu, m ; — Il l'oublia rien pour apaiser le roi, qui parut éêunt\ som ressentiment aux intérêts de la religion. vld., IKsf. ée JfeXir, u. — Si j'avais plus de saute, et si j'aimais assea la gloire pour ta donner ma paresse, je la voudrais plus générale et plus avantageuse que celle qu'on attache aux sciences. ^Vicir. Lett. à Mirabeau.)

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