‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 209 sur 743 · ELECTION · texte numérisé non relu

ELECTION

ÉLECTION, choix, choix de cœur :

L'ardeur qu'allume en nous une flamme si pure....

V ient sacrifier à votre élection

Toute notre espérance et notre ambition. (Rodog., m, 4.

« Élection ne peut être employé pour choix, dit Voltaire. Ele< tion d'un empereur, d'un pape, suppose plusieurs suffrages. »

Corneille a employé plusieurs fois élection dans le sens critiqué par son commentateur :

Je viens vous faire voir que votre affection

N'a pas été fort juste en son élection. {Mil., iv, S.)

Vous la forces vous-même à cette élection,

Je suis de ses amours le témoin oculaire. 'Ln Veuve, ui,7.)

Telle est l'humeur du sexe, il aimj à contredire,

Rejette obstinément le joug de notre empire,

Ne suit que son caprice en ses affections,

Et n'est jamais d'accord de nos élections. {VI Uns. com., ui,l)

— élection, choix, en général :

Dérober Andromède à cette élection.

C'est dérober sa mère à sa punition. (Ahdrom., i,i)

Plusieurs excellents auteurs, avant et après Corneille, se sont de même servis d'élection dans le sens de choix en général, et sans aucune idée de plusieurs suffrages :

Mais pour ce qu'en toutes langues y en a de boni et de mauvais, je ne veux pas (lecteur) que, sans élection et jugement, tu te prennes au premier venu. (Do Bill., Itlmstr. de la lang.Jr., n, 5.)

Nous avons de vous trois fait une élection,

Suivant le mouvement de notre affection. (L.-C. Discibt, Alix., iv,*S.)

Et ceux-cy, faisant leur élection pour la gloire, dressent leurs pièges et tendent leurs toiles en des lieux spécieux, relevés, rares et illustres. (S. Fn. ni Salis, Introd. è la vie dévote.)— Les preuves que le public a déjà reçues de la sagesse et de la probité de M. le chancelier, ne me permettent pas de craindre que sa conduite ue réponde à l'éclat de ses ancêtres, à la splendeur de sa charge, et à Véke* tion de son prince. (Li Maist., Plaid., xxxiu.) — Soit qu'il voulût tenir sa parole en ruinant ses affaires , soit qu'il les remit en la violant, il était toujours rédait à une déplorable élection, ou de hasarder son Etat pour être fidèle, ou de manquer à son honneur pour demeurer roi. (Bals., Le Prince, c. xv.) — Ce lieu, embelli d'une eau extrêmement claire, et fortifié de la même eau, raisonnablement profonde , me parut digne de Yélection d'un homme qui ne veut point de commerce avec le monde. (Id., Entret., >i.) — Tant de captifs volontaires, qui renoncent à la libellé, et qui s'enferment par élection et par conseil (délibération). (Id., i6Mf., xxii.)

Non cœur n'étant pas libre en cette élection. (Racaji, Berg., îv, 1.)

Pour le seul Alcidor je veux mourir et vivre.

C'est celui dont mon cœur a fait élection. (Id.t ittt., v. S.)

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