‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 217 sur 743 · EMPRESSEMENT. — EN · texte numérisé non relu

EMPRESSEMENT. — EN

Je m'emporte, et mes sens interdits Impriment leur désordre en tout ce que je dis. {Tite et Bér., u, 5.)

BDRiDicE. C'est ce que j'ai connu de plus digne de moi.

pacorus. Si le mérite est grand, l'estime est un peu forte.

Vous la pardonnerez à l'amour qui s'emporte. {Sur., n, -2.)

De nouveau je m'emporte. Encore un coup, pardonne

Ce doux égarement que le sang me redonne. (Au roi, sur son ret. de FI.)

S'emporter s'employait assez fréquemment pour se laisser entraîner trop loin, au delà de ce qui est juste :

Le prince a dû recevoir une puissance indépendante de toute autre puissance qui soit sur la terre. Mais il ne faut pas pour cela qu'il s'oublie, ni qu'il $ emporte, puisque moins il a de compte à rendre aux hommes, plus il a de compte à rendre à Dieu. (Boss., Polit., iv, 2.)— Lorsque vous découvrez quelque désordre visible, au lieu d'outrager vos frères par des invectives cruelles, espérez plutôt un temps meilleur et plus pur, et tempérez par cette espérance l'amertume de votre zèle, qui t'emporte avec trop d'excès. (ld., Serm. pour le tam. de la 3* sem. de car., i.)— U estimait ces bons religieux utiles pour l'instruction de la jeunesse, mais faciles à s'emporter, sous prétexte de piété, contre l'obéissance des princes. (Richbl., Mém., 1. i, 1610.)

On disait de même un emporté, pour signifier un homme qui se laisse emporter à ses passions :

Combien de maisons à demi éteintes voient tous les jours finir dans les débauches et dans la santé ruinée d'un emporté toute l'espérance de leur postérité, et toute la gloire des titres qu'une longue suite de siècles avaient amassés sur leur tète! (Mass., Serm. pour le vendr. de la 2e sem. de car., t.)

EMPRESSEMENT, fig. l'empressement d'un désir :

Malgré t empressement d'un curieux désir.

Il faut pour lui parler attendre son loisir. [L'Ulus. corn., i, 1.)

EMPRUNTER, avec un nom de chose pour régime indirect.

Page 1