ÉPANCHER. — ÉPANDRE
Tout ce que la nature ose faire de dons,
Tout ce qu'au-dessus d'elle ici nous possédons,
Sont des épanehements de ta pleine richesse. (/util., m, 22.)
D'une clarté céleste un long épanchement
Fera briller incessamment D'un rayon infini la splendeur ineffable. (Ibid., m. 47.)
On trouve dans des sens analogues
Force plus que jamais l'agréable abondance A verser ses trésors dans le sein de la France ; Et par Yépanchemeni de ses biens les plus doux,
Redouble le chagrin de nos voisins jaloux. (Perrault, Parai, de$ Ane. et
des Mod., Epître au roi.)
Alcine nous la faisoit voir magnifique et inépuisable dans Y épanchement de ses
dons. (Ma rm ont., Cont., L'École de l'amitié.)— La doctrine catholique atteignait
chaque jour son but fraternel par le simple épanchement de sa paroj* et de son
ordinaire efficacité. (Lacord., 25* Confit.)
ÉPANCHER, fig. ÉPANCHER UNE GRANDEUR :
Et ce n'est que pour vous que vous avex conquis,
Puisque cette grandeur à son trône attachée
Sur nul autre que vous ne peut être épanchée. (Nicom.* n. 3.
Cette alliance de mots paratt assez impropre.
ÉPANDRE, au sens propre, verser :
C'est É ras te, c'est lui, qui n'a plus d'autre envie
Que d'épandre à vos pieds son sang avec sa vie. {NéL, v, 2.)
11 m'en souvient si bien que Répandrai mon sang
Avant que je m'abaisse à démentir mon rang. [Le Cid, i, 2.)
Qu'un peu de votre humeur ou de votre vertu
Soulagerait les maux de ce cœur abattu !
Un soupir, une larme à regret épandue
M'auroit déjà guéri de vous avoir perdue. * [Pot., i, 2.)
Je puis vous immoler, et ne puis vous punir,
Et quelque sang qa'épande une mère affligée,
Ne vous punissant pas elle n'est pas vengée. [Tkéod., v, 6.)
Voltaire déclarait ce mot vieilli; on le trouve cependant employé au dix-huitième siècle, comme il l'avait été par Racine, par Despréaux :
Où Policréne épand ses libérales eaux. (fr.-B. Rouss., Êpto.% n.)
Il est redevenu , de nos jours , d'un usage assez fréquent dans le style poétique :
Océan ; qui sur tes rives
Êpandt tes vagues plaintives. (L'axabt., lîatm., u% 13.)
En nuage poudreux la femme épand le grain. (Id., Jocet., 9* époque.)
fcFÂHTIR (S'). ***
— IPABDftE, flg, -
Daigne dû Juste Me) la bonté souveraine, Vous en laissant le fruit, m'en réserver la peine. ïfe lancer que sur moi les foudres mérités,
Et n'ipandrc sur vous que des prospérités, (IM,, u, 3.)
Noire fuite, madame, est assez difficile.
J*ai vu des gens de toéfre épumtttt par la ville «toit ni, *-l
Un inconnu frrsson dans mon corps épondu
Mo donna les avis de ce que j»i perdu. IW/., n, I ,
Oo n'y a pas aimé ta surprise avec laquelle Pertharite se présente au troisième nié, quoique le bruil de s<>n retour mit tfpmrf&dés le premier. lExùm.de Pcrth.
Sur tin bruit éfwndu, que le destin et moi
D'une même beauté adorions la loi,
Un prévôt soupçonne ui me toi si l dans là me Smiên dm Afcni., it. %*)
Son amour £ pondu sur toute ta famille
Tire après lui te père aussi bien que la fille, [Put., v, 6,}
— De même avec le pronom personnel :
En voyant ses regards i'êpandrê sur les etu*
Four jouir et juger d'un combat de vaisseau*. i 4mtr6m*, l, 1.)
Déjà de nos soldats Ta me préoccupée
Montre un peu trop de joie à parler de Pommée,
Et ni Terreur êtpand jusqu'en nos garnisons,
Bile j pourra semer de dangereux poisons. r&rt., Ifâ 3»)
Épandre se trouve ainsi employé dans des alliances de mots ▼ariées, en parlant des choses morales :
Il estime que ce que Dieu a du commencement es pondu de vigueur partout suffit à garder les choses en leur estât. (Calvin, Instii. chrit.% i, 14.)
Li terreur de ma Ko»/ gai devant* ses armée, *
ÊpatuHi dans les rangs de si vives alarmes... (Pana., Poim. de la Peini.)
Un bruit s'ipand qu'Enguien et (îondé sont passés. (J.-B.Rouss., Êp. iv,au roi.)
— CrjfMrllé? etaploH ëhtùte d'une îawrièfe phis p«rtirj«Hè?e épandre, au ftg., pour sïgniôéf fépârîdre, porter âti tôiiï :
L'usage de notre langue est à présent si épandu par toute l'Eùrbtfe1, pfiftcipalesneot vers le Nord, qu'on y voit peu d'États où elle ne soit connue. (Préf. de : Le Théâtre de P. Corn., édit. de 1Ô81J
Épandre a été repris de nos jours, au fig. comme au propre : Quel est sur votre front ce nuage ép&ndu ? (V. Hooo, Gréant?., n, 19.)
ÉFARTIR (s') , se répandre, se distribuer :
Car c'est lui qui répand la neige à pleines tnairis ; Comme flocons de laine il l'oblige à descendre; LA bftflne * ton choix ê'éfirt srtr tes humain*,
Cotae* **errt*tt la cendre. (iWuf. dm P$. 147.}