‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 244 sur 743 · ETAT · texte numérisé non relu

ETAT

Voltaire a dit encore, dans le style comique :

Apres que vous mmrez aux yeux de rassemblée

EmM les péchés dont votre isae est troublée.

Avant que de partir il faudra pfiitfi ut

Dicter vos volontés et faire ua testasses*. [La Féu de Beltébai

Étaler s'employait aussi pour exposer, avec l'idée d'éclat, de solennité :

Voulez-* ous sur la scène élalrr des ouvrages

On toat Paris en foule apporte ses suffrages? kBoiL.. An poét., m.)

— Corneille offre d'antres exemples d'étaler qui rentrent davantage dans la signification d'aujourd'hui, comme celui-ci :

Ain*t n'espérez pas qu'après tous je soupire.

Tons étalez en vain vos charmes impuissants;

Vous me montrez en vain par tout ce vaste empire

Les ennemis de Dieu pompeux et florissant*. . (Pot., iv, i.)

Et, pour mieux leur montrer comme il est infini vson pouvoir).

Leor étale surtout mon pète rajeuni. {M éd., i, 1.)

ÉTAT, scrupules d'état, comme on dit considérations d'État :

tjt% tcrupmU* df.iai qu'il falloit mieux combattre,

Assez et trop longtemps nous ont gènes tous quatre. (Tite et Bér., m, 2/.

— Dans un sens analogue :

Vos chimères dÊua, vos indignes scrupules

Ne pourront-ils jamais passer pour ridicules? [Ibid., m, 5.}

— crime d'état, crime capital :

Le plus léger chagrin d'une humeur inégale,

Le moindre égarement d'an mauvais intervalle,

Un souris par mégarde à ses yeux dérobé,

Un coup d'œil par hasard sur un autre tombé ,

Le plus foible dehors de cette complaisance.

Que se permet pour tons la même indifférence,

Tout cela fait pour lui de grands crimes cTÊiat. (Œmv. dû».. Jalousie.)

— imprudence d'état, imprudence capitale :

Jo dirois qu'à la prendre ainsi sans votre aveu,

Tout notre ami qu'il est, il nous bravoit un peu.

Mais comme je lui veux conserver voire estime,

Autant que je le puis je déguise son crime.

Et nomme seulement imprudence dÊtat

Ce que nous aurions droit de nommer attentat. (Sopmnu, v,6.)

— raisons de l'état, comme raisons d'Etat ;

Car ce n'est point l'amour qui fait l'hymen des rois,

Les ruisont de CÉiat règlent toujours leur choix. {D. Souche, iv, 5.)

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