‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 245 sur 743 · ETERNITE · texte numérisé non relu

ETERNITE

— état, estime, cas :

Quoi! c'est là tout l'état que tu fais de mes feux? (Hél . i. 5.)

C'est donc là tout Y étal que tu fais d'Hippolyte?

Après des vœux offerts, c'est ainsi qu'on me quitte ! (La Gai. du Pal., u, 7.)

Par un secret instinct que je ne puis nommer,

J'en fais beaucoup d'état, et ne le puis aimer. (L'IUus. corn., ni, 1.)

Avez-vous su Y état qu'on fait de Coriace,

Ma sœur? {Hor.y n, 4.)

Je vais comme au supplice à cet illustre emploi.

Je maudis mille fois létal qu'on fait de moi. (flrid., se. v.)

Et ne fais point d'état de sa possession,

Si je n'ai point de part à son affection. [Ibid.. m, 1.)

Et s'il en est un prix dont vous fassiez étal,

Donnez-moi les moyens d'être un peu moins ingrat. (Sur., ni, 2.)

On voit comme le poëte varie heureusement une locution des plus usuelles au dix-septième siècle.

— faire de l'état, comme faire état;

Faite* en de Vétat, il est vaillant lui-m£me;

Il commandoit sous moi. {L'IUus. com.t m, 10.)

— faire état de (un infin.) , compter de :

Sinon, sur mes sujets jattes état d'avoir,

Ainsi que sur moi-même, un absolu pouvoir. {M éd., îv, 5.)

— faire état de (un subst.) , compter sur :

Adieu, jaites état de mon humble service. {La Suw., v, 4.)

— faites état en moi d'un frère, voyez en moi un frère, regardez-moi comme un frère :

En moi dorénavant Jaites état a" un frère. clitandre à Rosidor. En moi d'un serviteur dont l'amour éperdu

Ne vous conteste plus un prix qui vous est dû. {Clit., v, 5.)

— laisser en quelque état de (un infin.), comme on dirait laisser en quelque facilité de :

J'y mourrai sans regret, si mon dernier moment

Vous laisse en quelque état de régner sûrement. (Sophon., i, 4.)

ÉTERNITÉ, au plur. :

Ah ! combien ces moments de quoi vous me flattez,

Alors pour mon supplice iuroienlé' éternités! (Héracl., ni, 1.)

Suivant Voltaire, «on n'a jamais dû, dans aucune langue, mettre le mot d'éternité au pluriel, excepté dans le dogmatique, quand on distingue mal à propos l'éternité passée et l'éternité à

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