‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 248 sur 743 · ETOUFFER. — ETREINTE · texte numérisé non relu

ETOUFFER. — ETREINTE

Quoi ! déjà votre foi s'affaiblit et s'étonne? (Racine. Ath., i, 2.)

Le monstre au même instant tire son coutelas.

L'en frappe, et dans le flanc l'enfonce avec furie.

Le sang coule ; on s'étonne, on s'avance, on s'écrie. (Volt., La Henr.,\ }

— étonné , stupéfait, frappé de stupéfaction :

Le destin se déclare, et nous venons d'entendre

Ce qu'il a résolu du beau père et du gendre.

Quand les dieux étonnés sembloient se partager,

Pharsale a décidé ce qu'ils n'osoient juger. (Pomp-t *» M

eu ton. Ce ton de voix enfin avec cette parole? lise. Ah ! c'est là que mes sens demeurent étonnés;

Le ton de voix est rare, aussi bien que le nez. {Suite du Ment., ï, 2.)

Vous me quittez! ô ciel I Mais, Lise, soutenez,

Je sens manquer la force à mes sens étonnés, (Ibid., v, 3.)

ÉTOUFFER, fig. étouffer le deuil, comme ou dit étouffer le chagrin :

L'éclat qu'a répandu le bonheur de ses armes,

A vos yeux éblouis ne permet plus de larmes,

Il sait les détourner des horreurs d'un cercueil,

Et la peur d'être ingrate étouffe votre deuil. [La Tois. d'or, ï, 1.)

ÊTRE, v. il n'est que telle chose, il n'est rien de tel que, cela seul convient :

Pour perdre des amants celles qui s'en affligent

Donnent trop d'avantage à ceux qui les négligent,

// n'est lors que la joie; elle nous venge mieux. (Mél.t m, 5.)

— il n'est que de , il n'y a plus que tel parti à prendre :

L'éclat d'un tel affront l'ayant trop décriée,

// n'est à son avis que d'être mariée. (Suite du Ment; ï, 1.)

ÉTREINTE, au fig. :

D'un seul de ses regards l'adorable contrainte

Me rend tous mes liens, en resserre Métrante. (Mél. , i, 1.)

Et lors d'un sacré nœud l'inviolable étreinte,

Tirera notre appui d'où partoit notre crainte. (La ToU. oVor, i, S.)

« Est-il possible, dit Mercier dans sa Néologie, que ce vieux mot, si fréquemment nécessaire, si expressif, ait été presque banni? Les étreintes de la nature sont indissolubles. Il y eut, au premier aspect, une douce étreinte entre nos deux âmes. Celui-là se sépare de la vertu , et même de l'humanité , qui redoute X étreinte de la reconnaissance. »

Ce substantif indispensable est redevenu, à notre époque, d'un usage très-fréquent.

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