ÉTUDE
ÉTUDE, soin d'étudier, d'apprendre, faire l'étude d'un rôle, comme on dit étudier un rôle :
11 ne loi est rien arrivé que je ne lui aie prédit à elle-même, en lui disant adieu, quand je sus C élude quelle faisoit de ce rôle- {Utt. à M. l'abbé de Pure, 12 mars 1659.)
— étude, application, indignation qu'on prend avec étude, indignation à laquelle on ne s'abandonne que lentement et par une volonté réfléchie :
Un moment pousse et rompt un transport violent ;
Mais T indignation qu'on prend avec élude
Augmente avec le temps, et porte un coup plus rude. (Pomp., u, 1.)
— étude, chambre, cabinet où l'on étudie, où l'on compose :
Mais ce ne sont enfin que rayons inconstants
Qui vont de l'un à l'autre, et qui n'ont que leur temps ;
Et ces heureux hasards des fruits de mon ftude
Laissent tout l'avenir dedans l'incertitude. (La Poés. à la Peint.)
On a dit exactement de même avant et après Corneille :
MaiS j'aime mieux qu'on voye aux /miti de mon estude De la témérité que de l'ingratitude. (St-Amant, Élég.,
Sur ce que l'on «voit mal imprimé ma Solitude,) Plus d'un héros, épris des fruits de mon étude, Vient quelquefois chez moi goûter la solitude. (Boil., Eptt., x.)
La signification que nous attachons à ce mot était autrefois fréquente. Bien longtemps avant d'être restreint au bureau d'un notaire, d'un avoué, étude se prenait dans la langue commune pour cabinet (F étude en général, témoin ces exemples:
Les autres se délectent du secret des chambres et doctes estudes, (Du Bellay, tlllustr. de la langue franc. , n,ll.) — Ne laisse pas ceste estude ouverte, car quelqu'un s'y pourroit cacher. (Lariv., Le Fid.t iv, 1. ) — 11 (un médecin) avoit une estude secrette bien près de la porte de sa maison. (Bouchkt, Séries, x.) — Je ne suis de ces hardis et ignorants écrivains qui enfantent tous les jours des livres, qui en font de grosses forêts, et qui, en leurs estude* obscures , esquelles ils ne voient pas la lumière du monde, parlent et escrivent hardiment. (Du Haillan, dédicace de Y État et succès des affaires de France, éd. 1580. ) — Derrière le chevet de mon lict il y a une petite estude, où l'on peut entrer par une petite porte. (Caq. de Vacc.,%* journ.)— J'ai une belle étude, grande et vaste, où j'espère de faire entrer dix mille volumes. (Guy Patin, Lett.)
Vistes-vous sans regret l'honneur de mon estude,
Mon noble coup d'essay, ma chère Solitude,
Ainsi défigurée en ses traits les plus beaux. (St-Amant, Élég.,
Sur ce que l'on aroit mal imprimé ma Solitude.)
Ces vers, produits dans mon estude,
Récitent tes commandements,
Et j'en fais de ma solitude
Les plus doux divertissements. (Racan, P*., cxvm.)