‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 272 sur 743 · FORCE · texte numérisé non relu

FORCE

tien ce, n'est pas français. Il faut ou : Modérez votre impatient ou Mettez un frein à votre impatience, ou quelque autre Umr.

« La force qu'on vous fût, » dit-il encore à propos du de Sertoriu$, est un barbarisme. On dît : € Prendre à force, force de rames, de voiles; céder à la force, employer la force; \ mais non * faire force à quelqu'un. » Le terme propre est tfaài violence ou forcer. »

Cependant on a dit d'une manière toute semblable :

Et parce que Ja force qu'elle se faisoit en cela estoit très-grande , et qu'elle l pou voit la supporter plus longuement, elle s'approcha de Philis, et.... (DXiri Àstrée. 1, 1. . — Ce fut eo ce temps que la bonne volonté qu'il me portoit aogaal de sorte qu'il n'y eut plus mo>en de la celer, quelque force qu'il se post ttJI ld., ioid., i, G.)

Et Ton a parfaitement pu parler ainsi, parce que force aél très-anciennement et très-longtemps synonyme de violence :

Et le f aie tes bien travail lier, affin qu'il vous en prise mieulx; et diètes f vous crierez à la force, et me appeliez. [Les qmimze Joues dm mar., la Quinte jor — Il \ en a de la cour, lesquels, quand ils ont des procez, usent de grand forces. (L'Hospit., ifar., 11 avr. 1565.) — J'av ouy parler de beaucoup de met très, pilleries et forces publiques commises en ce ressort, (ld., ibid.) — Les bu justiciers qui souffriront ports d'amie* , forces ou violence estre faictes en ta justices, et n'en feront poursuitie , seront privez de leursdites justices. [Ordst de Moulins sur le règlent, de la justice, fév. 1568, xxx.) — Pour la fréquence ( forces publiques qui se commettent à présent en nostre royaume, voulons qt pour ceste année seulement, lesdits juges prësidiaux puissent instruire et ju) sans appel au nombre de sept toutes matières dexcez commis avec foices, pc d'armes et assemblées illicites, contre toutes personnes de leur province, quelque qualité qu'ils soient. (Ibid., xlvh.) — Estant pour cela mon intent qu'il ne soit faict aucune force ny \iolence aux consciences de mes subjecls.(L miss, de Henri IV, t. iv, p. 824.) — Tout le changement qui y est \cnu depuis, scay que vous l'avés imputé, non à son vouloir, mais à leur force [Ibid.fL p. 175.} — Tu as beau joindre les prières aux menaces, les artifices et lesstn gemes aux forces ouvertes, tu n'arriveras jamais où tu pretens. (Gombkrv., C# ln p., I. i.) — Je t'atteste, luy dit-elle, par la divinité de celle que tu *ers, deffendre mon honneur et ma foy, d'une force à laquelle je ne puis résister. {1 ibid.)

— avoir force , avoir une influence active :

Son exemple auroit force, et feroit qu'à l'envi

Tous voudroient imiter le chef qu'ils ont suivi. {La lois, (for, i,

— force, avec le pluriel, en parlant de choses morales :

Que de ses mots savants les forces inconnues

Transportent les rochers, font descendre les nues. {LIllus. corn., i,

L'espoir le mieux fondé n'a jamais trop de forces. {Sert., u,

« On ne peut dire les forces d'un espoir; aucune langue ne p

Mve ce mot, parce que les forces ne peuvent pas être dana fepotr. C'est un barbarisme, » dit Voltaire. Corneille a dit les forces de sa vertu, les forets d'une flamme f <f un amour, comme il dit les fmxes de l'espoir ;

(Cfa., v, a.j {Pompife, v, *,)

(fl0<%.p LV, 3.)

Maïs au lieu de goûter ces grossières ntuorces,

Sa vertu coin battue a redoublé ses /orctfj*

le sala quelle est ta flamme et quelles sont sas/orce*.

Que tiî n'ignores pas comm<ï on fait (es divorces,

Que ion amour l1 aveugle, et que pour l'épouser,

Rome nTa point de lois que tu n'oses briser.

Je tâche avec respect à vous faire connotlre

Lei fûrceê d'un amour que vous treg fait naître.

)RCÈXGMEST, fureur forcenée :

Et fuyez un tyran dont le fûrctnement

Joindrait votre supplice à mon bannissement. [Médit* ivt 5+)

9RCENER, verbe neutre, £tre hors de sens, enrager

{La Ytavi, v, 10.) [Qttnct, v, I0OSJ

Le désordre cclaiant qu'on voit sur mon visage N'est que l'effet trop prompt d'une soudaine rage Je forcent devoir que sur voire retour Ce traître assure ainsi ma perte et son amour

IClarel l'entent, vif quide forsmer, Dieu, que teste femme demeare !

Elle ne fait que babiller Ci et la i c'est pour /amener* Par quoy j'*y toujours besoïng d'elle, (Farce des femmes qui font refondre feurt mari*. Ane. rt./rM t. 1» p, 07t) De peaux il (Bacchus) les entûurna,

11 orna De pampre leur folle teste, Et, trépignant au milieu,

Ce fol dieu Fortenoii après sa feste.

Qui me tient que je ne te tue, Pute? m'as-tu fait tel outrage?

Me fais-tu forcener de rage? enrage, il forcené de se voir si lâchement trompé. (J. de Schel., TyrctSid.% (—Suivant un party et désirant son advantage, ils forcennent , s'il en vient sbours. (Charbon, La Sag., u, 2.)

lot excellent dont Mercier, dans sa Néologie, conseillait justeit la reprise, en en donnant l'exemple lui-même dans cette tse:

Tettle propre de la faiblesse de forcener, dés qu'elle s'aperçoit elle-même.»

bservons qu'on devrait écrire forsener, selon l'orthographe tome , et non forcener , ce verbe étant formé de for ou fors,

(Rons., Od„ m, 4.)

(Jod., Eugène, ni, 3.)

Page 1