‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 274 sur 743 · FORT · texte numérisé non relu

FORT

Cette locution se trouve, au dii-septième siècle, variée de diverses autres manières aussi excellentes :

Quoique son érudition soit universelle , ton fort étoit particulièrement dam la connoissance des affaires de l'Église, de sa discipline, de son histoire. (Piai., ttomm, i//., Lamoignon.) —Je m'arrête à r unique fort des dogmatistes , qui ta que.... (Pasc, Pens.t éd. Louandre, c. x..)— Écoulons encore un raisonnement oé l'auteur de la réponse a mis son fort. ( Boss. , Fragm. sur dit. mai. de contr. , 4* fragm., îv.) — 11 met le fort de la justification de sa morale dau* une alternative qui est réfutée comme une erreur par tous les théologiens de sa communion. (Asnauld, CEuvr. , t. i , p. 683. ) — Vous mîtes tout le fort de vos répliques à dire et redire partout que.... (Id., Quatre Lett. au P. Malebr.) — Nous inventions des réponses aux objections de l'adversaire, et nous ne songeons à loi que pour trouver le défaut de ses opinions : d'où il arnve que nous sommes plus instruits de ee que nous appelons nos bonnes intentions , que de celles oà il met le fort de si cause. (Baylb, Comment, philos., iv, 2.)

FORT, adj. se faire fort de :

Le roi, s'il s'en fait fort, pourroit s'en trouver mal. . (Nicom., m, i.

« Se faire fort de quelque chose , dit le commentateur, ne peut être employé pour s'en prévaloir ; il signifie : j'en réponds, je prends sur moi l'entreprise, je me flatte d'y réussir. Se faire fort ne peut être employé qu'en prose. »

Voltaire a-t-il bien compris la pensée de Corneille? Nous en doutons. C'est Laodice, la reine d'Arménie, qui parle à Flaminius, et voici le raisonnement qu'elle lui fait :

Je vois sur la frontière une puissante armée. Comme vous l'avez dit, à vaincre accoutumée; Mais par quelle conduite, et sous quel général? Le roi, s'il s'en fait fort, pourroit s'en trouver mal; Et s'il vouloit passer de son pays au nôtre, Je lui conseil lerois de s'assurer d'un autre.

Se faire fort veut dire ici, ce nous semble bien , se répondre à soi-même de.., compter sur...

— dans le fort des ombkes, dans le plus épais des ombres:

Pareille à ces éclairs qui dans le fort des ombres

Poussent un jour qui fuit, et rond les nuits plus sombres.

Tu n'as frappé mes yeux d'un moment de clarté,

Que pour les abtmer dans plus d'obscurité. {Hor., m. M

Page 1