‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 276 sur 743 · FOURNIR · texte numérisé non relu

FOURNIR

— foudroyé, part, passé, plaisirs focdroiés, plaisirs anéantis par une sorte de coup de foudre :

Mais après avoir vu mon fils assassiné,

Mes plaisirs foudromés, mon espoir rainé. (l'iAtt. «av, v, 5.)

FOURNIR, v. act. fournir l* action par (un subst.), en termes de théâtre, pour signifier la remplir au moyen de :

Il ne faot jamais laisser le théâtre sans qu'on y agisse, et l'on n'y agit qa'eo parlant Ainsi Dorante qni écrit ne le remplit pas assez, et tontes les fois que cela arrive, il faut fournir r action pur d'antres gens qni parient. ( Exern. de la Suite dm Ment.)

C'était un terme de poétique théâtrale, témoin cet exemple analogue :

Ainsi fait M. Corneille dans les Horaees, il prend le roman après la trêve arrêtée et le combat résolu de trois contre trois de chacun parti; {[fournit assez bien ton théâtre par Je mariage qu'il «appose de Sabine avec Horace, dont il tire de fortes passions et de beaux jeux bien insérés dans le reste de rhistoiie. ;1>'Acbigjiac, PraL du tkéât., m, 5.)

— fournir une strophe, la parfaire:

Si ce peu que j'ai ajouté quelquefois par la nécessité de fournir une Itrophe n'est point une liberté qu'il soit à propos de retrancher. (/arif., préf.t éd. 1651.

— fournir a peine un lustre, avoir à peine atteint l'âge de cinq ans :

Dircé fournissoit lors à peine un lustre entier,

Et me vit sur le trône avec un œil altier. (OEd., i, 3.;

— fournir a, v. ii., pourvoira:

Donnons ordre au présent, et quant à l'avenir,

Suivant l'occasion nous saurons y fournir. (Serf., u, 4.)

— fournir de, comme servir de, ou comme fournir, activement :

Cet amour paternel, qui te fourmi d'excuses,

Me fait souffrir aussi que tu me les refuses. (-Véd., m, 3.)

Ne cherchons-nous ici que les occasions

De fournir de matière à leurs divisions. {A (/es., iv, 3.)

Ce refuge orgueilleux de l'Espagnol mutin,

Alosl, n'eût point fourni de matière à U gloire. {Vict. du roi en 1667.) Je parle au second discours des conditions particulières de la tragédie, des qualités des personnes et des événements qui lui peuvent fournir de sujet. [Prem. dise.)

Ces lettres fourniront assez d'occasion

D'un peu de défiance et de division. (Meï., m, 5.)

L>ans cette phrase on pourrait croire que c'est assez qui amène

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