IMPOURVU. — IMPRESSION
Le dix-septième siècle, comme le seizième et l'époque antérieure , ne connaissait pas la distinction établie depuis une centaine d'années par les grammairiens entre imposer 9 commettre une imposture, mentir, et en imposer , inspirer du respect, de l'admiration, de la crainte :
flous nMtfant seulement en batte d'endoctriner nostre pecpte* et m» de tmi mppêer. (Paso., Utt., i, 2.) —Ceux qui vous applaudissent, eevxqvi affectent dt nm* louer, ceux qui vous appellent heureux, beaucoup pins eotx qnl tous appellent parfaits, vous imposent ei abusent de votre crédulité, [f le 4* dim. après Pâq., n.)
De même, sans régime indirect de personne :
Pendant que la vérité est contredite , l'hérésie 1ère la tète, (Fin., Leit., an P. Le Tell., 22 jaill. 1712.)
Molière emploie souvent imposer avec le sens de mentir. Voir le Lexique de M. Génin.
L'estimable auteur des Variations du langage français est peutêtre trop sévère, dans le cas présent, à l'égard des grammairiens. La distinction qu'ils ont établie entre imposer et en imposer tourne à l'avantage de la clarté dujsens. Les Latins disaient, il est vrai , imponere pour mentir, mais ce verbe ne pouvait jamais signifier inspirer du respect, de l'admiration, de la crainte.
IMPOURVU, pour imprévu :
Sans doute il m'aura vue, Et c'est de là que vient cette fuite impourvue. (Mét.t n, 8f édit. 1633.)
A partir de l'édition de 1 644, Corneille mit imprévu :
Et depuis sa prison, ce que vous avez va.
Son adultère amour, son trépas imprévu. (L'Illus. com., v, 5, 1" éd.)
Impourvu, dont les auteurs du quinzième et du seizième siècle offrent de très-fréquents exemples, comme Villon, Test., p. 7'» Pasq., Rech., 1. vin; Tahureau, Second Dialogue du Democritic; D'Urfé, Astr.y i, 12, s'est dit encore après l'époque des premières pièces de Corneille :
L'Alviane, général des Vénitiens, survint, qui à C impourvu les chargea en queue- (Mkzer., //if/, de France, 1. vi.)
IMPRESSION, édition:
Quand elle voit son frère mettre l'épée à la main , la frayeur si naturelle u^ sexe lui doit faire prendre la fuite, et recevoir le coup derrière le théâtre, commet je le marque dans cette impression. {Exam. d'Horace.) — Le seulSurius, ou plutôt Mosander, qui l'a augmenté dans les dernières impressions, en rapporte la mor^ assez au long sur le neuvième de janvier. ( Polyeuctc, Abr. dumart de S. Pol.)
IMPRIMER. tH
Cette signification est très-fréquente depuis le seizième siècle jusqu'au commencement du dix-huitieme ;
A la sec c< mie impression je ne fera y ai grand tort à ma langue que de laisser es- Lraugler une Cette vérité sous couleur de vain abus. (RonsM Od. , advert, au lect,] — Le* tmpreMtfanx grecques de Robert Etienne sont admirablement belles. (LaWi KtitrtL eut tes science** vj.} ^-Lf*s impression* qui se sont faites à Francfort depuis Henri Etienne ne sont pas moins belles et sont plus complètes. (ld*r iotd.) — Vous
Ee devez jamais tire un livre que vous ne sachiez quel en a été l'auteur, le temps uquel il a écrit, sa vie, l'estime qu'un en a fait, et quelle en est la bonne impression* tlép ièid.) — C'est encore une plaisante excuse de sa vanité de dire qu'il n'a écrit crue pour ses parents et amis. Car si cela eût été, pourquoi en eût- il pu faire trois totfluuJum ? iMalebr^ Rech, de la i^, n. 5, 3* part*) — D'où vient encore qu'il a augmenté son livre dans les dernières impressions qu'il en a fait faire? (îd.t i&id.) — La premit/n- impression du Dictionnaire de M. Bayle étant presque toute vendue, on songea à en donner une seconde édition. (D&smaie., Vie et Jf- lîosfAr.)
I31PRIMER, oo parlant d'un sentiment, avec un nom de personne pour rég. indir. , comme imprimer dam l'âme de :
Les hommages quMgésilas Daigna rendre en secret au peu que j?ai d'appas. M'ont si bien împrimr Fa m ou r du diadème,
Que pourvu qu'un amant soit roi,
li est trop aimable pour moL \A*j*x.y i, X.)
— t M HUMER DES HKSSE.VnMKNTS \ :
Enflé de la victoire et des resseitiimeni*
Qu'une perte pareille imprime aux vrais amants. {Pomp*, iît 4.) .