‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 438 sur 743 · OMBRAGE · texte numérisé non relu

OMBRAGE

Comme quand an sombre nuage Cache le ciel par son ombrage* A fentoor de ce corps obscur Le ciel prend un nouvel azur.

(La Faiseuse de Mouches, Var. hist. et litl., t. vu.) Prenez garde comme l'art de la peinture y est bien observé, soit aux raccourssements, soit aux ombrages ou aux proportions. (D'Urfê, VA strie, 1, 11.) Un éclat de vos yeux les confond au besoin, Ces vains raisonnements recueillis avec soin, Comme le jour des nuits efface les ombrages, Ou comme le soleil dissipe les nuages. (Sbnecb, Leu., à Mtt" ***.)

Au figuré :

Car comme ainsi soit que la description qu'en donnent les philosophes, qui 3mble esire la plus passable, à sçavoir que Dieu est l'esprit du monde, ne soit u'un ombrage qui s'esvanoûit..: (Calv., Instit. chréu, 1, 13.) — Savez-vous, à mon vis, ce que c'est que cela? Ce sont des ombrages qui leur viennent de quelques oncep lions informes, qu'ilz ne peuvent démesler et esclaircir au dedans, nypar onséquent produire au dehors. (Montaigne, Est., i, 95.) — Us outrepassent le» résent, et ce qu'ilz possèdent , pour servir à l'espérance, et pour des ombrages l vaines images que la fantaisie met au-devant. (Id., ibid., in, 13.) —Encore» ne tous les jours on entende dire de ceste-cy et de ceste-là d'estranges actions, e s'ensuit pas pourtant qu'il soit vray; mais sommes si simples, que laissons ous induire à le croire par Y ombrage de l'apparence de l'effect, que la malice des ommes nous fait souvent veoir. (Lamv., Le Fid., v, 8.) — Il procède pied à pied ans ses connaissances ; il est sujet à erreur, et souvent est contraint d'abanonner les propositions qui lui auroient semblé les plus certaines. C'est un effet le l'opacité des corps qui offusque la clarté de l'entendement par les ombrages le la matière. (Chapelain, préf. de la 2« part, de la Pucetle.) — Mais pour ne aisser aucun ombrage ni aucun scrupule dans les esprits sur une question si m portante, voyons... (Brdets, Examen des raisons de la séparation des protestons.)

Nous voyons maintenant la valeur de la locution faire ombrage. )u a dit faire ombrage, comme on disait faire ombre, comme on lit encore tout lui fait ombre, par une image qui se comprend r elle-même. Et ce môme mot ombrage est devenu général pour lignifier défiance, soupçon.

C'est parce qu' ombrage a été synonyme d'ombre qu'on a dit mbrager pour signifier ombrer, couvrir d'ombre :

Au propre :

Tout.de même que les peintres, ne pouvant également bien représenter dans un ableau plat toutes les diverses faces d'un corps solide, en choisissent une des )rincipales qu'ils mettent seule vers le jour ; et, ombrageant les autres, ne les font >aroîlrc qu'en tant qu'on les peut voir en la regardant; ainsi, craignant de ne >ouvoir mettre en mon discours tout ce que j'avois en la pensée, j'entrepris seuement d'y exposer bien amplement ce que je concevois de la lumière ; puis, à ion occasion, d'y ajouter quelque chose du soleil et des étoiles fixes, à cause ru'elle en procède presque toute ; des cieux, à cause qu'ils la transmettent ; des ilanétes, des comètes et de la terre, à cause qu'elles la font réfléchir; et en par-

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