M OMBRE
tien lier de tons les corps qui sont sur la terre, à casse qu'ils sont on colores, oi transparents, on lumineux : et enfin de l'homme, à cause qu'il en est le spectateur. Même pour ombrager nn peu tontes ces choses, et pouvoir dire pins librement ce que j'en jugeois, sans être obligé de suitre ni de rérater les opinions aii sont reçues entre les doctes, je me résoins de laisser tout ce monde ici à ltv disputes, et de parler seulement de ce qui arriverait dans un nouveau , si Dies créoit maintenant quelque part dans les espaces imaginaires assez de matie!' pour le composer. (Descabtis, Disc, de la Méih.. v.)
Et au figuré .
Or afin que la laide, autrement inutile.
Dessous le joug d'amour rendit l'homme servile. '
Elle ombragea l'esprit d'un morne aveuglement.
Avecque le désir, troublant le jugement. 'Rêgxieb, Soi.,™)
C'est-à-dire, elle étendit sur l'esprit l'ombre d'un morne aveuglement.
« Celui-ci (cet ouvrage), clair, net, concis, appuya de passages sans nombre et partout de l'Écriture et des Pères, ou des conciles, modeste, mais serré et pressant, parut un contraste du barbare, de l'obscur, de V ombragé, du nouveau etdi ton décisif devrai et de faux des maximes des saints. (St-Simon, ilém., 1. 1,
c. XLl.)
On a dit aussi ombrageux pour ombreux :
Umbruyeux, obscur, {Gloss. du Roman de la Ro$ey vers 14971, édit. Lantio de Damerey.) — Adonc entra le chevalier en la chambre qui estoit umbrageuL {Perceforest, fol. 61, r°, col. 2, vol. 3.» — La froide fille de Latone, environnée des claires et resplendissantes estoiles, illuminoit desjà les obscures ténèbres de la nuict ombrageuse, (Lariv., Facét. Nuicts de Straparole, 5* nuict.^
Corneille offre un exemple particulier où ombrage est opposé à clarté, et semble participer à la fois du sens que nous venons d'expliquer et de la signification actuelle :
En vain par politique il fait ailleurs l'amant.
Il s'y réduit en vain par grandeur de courage.
A ces fausses clartés opposez quelque ombrage,
Et je renonce au jour, s'il ne revient à vous,
Pour peu que vous penchiez à le rendre jaloux. (Tite et Bér.t nu 1 )
OMBRE. Corneille, tout en laissant à ce mot sa signification propre, s'en sert pour présenter une image des plus fortes qui se rencontrent dans ses tragédies :
Depuis que son courage à nos destins préside,
Un bonheur si constant de nos armes décide,
Uue deux lustres de guerre assurent nos climats
Contre ces souverains de tant de potentats,
Et leur laissent à peine, au bout de dix années,
Pour se couvrir de nous, l'onitVe des Pyrénées. [Sert., H. !•)