‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 440 sur 743 · OPINIATRE. — OPPOSANT · texte numérisé non relu

OPINIATRE. — OPPOSANT

— ombke, pour signifier la mémoire, le souvenir d'un grand homme :

Jouissons, en dépit de l'envie, Des restes glorieux de son illustre vie. Sa mort me laissera pour ma protection La splendeur de son ombre et l'éclat de son nom. (Sert., n, 1.)

— marcher dans l'ombre de QUELQU'UN, marcher sur ses traces :

(iadediou. ce coquin a marché dans mon ombre;

11 s'est fait tout vaillant d'avoir suivi mes pas. {L'Illus. corn , m. 8.)

— ombre, pour signifier ce qui ternit, au sens moral :

.Mais puisque, pour remplir la dignité royale,

Votre haute naissance en demande une égale,

Ferpenna parmi nous est le seul dont le sang

Ne méleroit point iï ombre à la splendeur du rang. {Sert., n, 2.)

— jeter une ombre sur, fig., ternir :

Cet hymen jetteroit une ombre sur sa gloire. [Nicom., îv, 5.}

— sois ombre de, suivi d'un subst., sous prétexte de :

Vous m'avez voulu faire passer pour simple traducteur, sous ombre O.e soixante et douze vers que vous marquez sur un ouvrage de deux mille, et que ceux qui s'y connussent n'appelleront jamais de simples traductions. [Lcii. upolog.)

— De même, suivi d'un infinitif :

De noire Fierabras il s'est mis au service, Et, sous ombre d'agir pour ses folles amours, 11 a su pratiquer de si rusés détours, Et charmer tellement cette pauvre abusée, nue vous en avez vu votre ardeur méprisée.

(L'IUtts. corn., u. H.)

OPINIATRE a, suivi d'un infinitif:

Apres s'être emparé des droits de ma naissance,

Sa haine opiniâtre a croître mes malheurs,

M'ose encore envier ce qui me vient d'ailleurs. {OEd., n, 2.)

On cesse destre opiniusire à maltraiter uue personne, qui est opiniaure à nous aimer malgré nos mauvais traitements. (Lemaistre, Plaid., xxix.j

OPPOSANT, subst., celui qui s'oppose à quelqu'un, employé avec un adjectif possessif :

Le poste où est son opposant est si considérable, que je crains pour lui qu'il ne fasse revenir bien des voix. {Leit. a M. t'abbé de Pure, 12 mars 1659.)

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