OPPOSER. — ORANGE
OPPOSER que, emploi elliptique, pour signifier opposer la pensée que :
Je me suis accusé de trop de violence,
Et ta beauté sans doute emportait la balance,
Si je n'eusse opposé contre tous tes appas
Qu'un bomme sans honneur ne te méritoit pas. (Le Cid, 111. 4i
ORANGE, employé comme oranger :
Bouquets de jasmin, de grenade et d'orange. (U Menu, i, 5.
De myrte et de laurier, de jasmins et de roses,
De lis, de fleurs d'orange en son beau sein écloses
Germiny se couronne...
(Fén., Leu. à Boss., sur la campagne de Germiny, 7 déc. 1681 ou 1687.
M. Génin a cru, à tort, suivant la juste observation de H. Guessard, que Corneille n'a pas pu dire bouquet d'orange, comme ou dit bouquet de grenade, et non de grenadier. « Le Dictionnaire de Trévoux, au mot pomme, observe le critique de l'auteur des Variations du langage français, eût appris à M. Génin que Ton disait jadis : des pommes d'orange , c'est-à-dire des pommes ou fruits d'oranger, et s'il avait cherché dans Rabelais d'autres exemples que ceux qui étaient à sa convenance, il n'eût point écrit ceci :
« Nos pères, en général, connaissaient bien mieux que nous la propriété de* mots ; ils savaient très-bien dire fleur d'oranger où cela était nécessaire ; par exemple, dans ce passage de Rabelais : « Les truyes, en leur gésine, ne sont nourries que de fleurs (for angiers.* [Pantagruel, iv, 7.)
« Comment se fait-il donc, continue M. Guessard, si nos pères, connaissaient si bien la propriété des mots, que ce même Rabelais, invoqué par M. Génin, ait dit pommes d 'orange ? C'était là le cas ou jamais de placer le mot orangier. Mais peut-être alors oranger était de fraîche date, et Rabelais employait tantôt ce mot, tantôt orange. Quoi qu'il en soit, on ne saurait douter qu'oronge et olive aient servi, l'un et l'autre, à désigner à la fois l'arbre et le fruit. Les exemples pour orange sont moins nombreux que pour olive ; mais pommes d orange suffit à lui seul à décider la question ; et ainsi ces expressions : fleur d'orange, eau de fleur d'orange, bouquet d'orange, bouquet de fleur d'orange, et toutes autres analogues que l'on pourrait rencontrer, se trouvent expliquées fort simplement.» (Guessard, Exam. crit. des Variât. du long, franc.. dans la Biblioth. de l'École des Chartres, 2e sér., t. H, p. 326.)
Un autre philologue estimable a très-bien défendu la locution fleur d'orange :