‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 464 sur 743 · M8 PARTIR · texte numérisé non relu

M8 PARTIR

La dernière édition du Dictionnaire de V Académie s'exprime ainsi sur cette acception : « Partie se dit aussi des bonnes qualités naturelles ou acquises. Il vieillit en ce sens. »

Il serait à souhaiter que de bons écrivains le rajeunissent. Voltaire en a parfaitement fait sentir l'excellence :

« Le mot partie, dit-il, se trouve encore dans les comédies de Corneille pour esprit. Cet homme a des partie*. C'est ce que les Anglais appellent paru. Ce terme était excellent; car c'est le propre de l'homme de n'avoir que des parties; on a une sorte d'esprit, une sorte de talent; mais on ne les a pas tous. Le mot esprit est trop vague; et quand on vous dit, cet homme a de l'esprit, vous avez raison de demander duquel. [Lett. à l'abbé d'Olivet,20 août 1761.)

Quelques exemples achèveront de faire voir combien cet emploi était heureux, et peut l'être encore entre les mains d'habiles maîtres :

Quoiqu'il eût la civilité, l'extérieur et d'autres parties propres à cet effet, il n'en eut jamais ce je ne sais quoi qui est encore en cette matière plus requis qu'en toute autre. (Retz, Mém.y 1.) — Parmi donc de tels défauts, il ne seroit pas juste de lui nier des parties. (St-Simon, Jl/em., t. m, c. 30.) — Une personne de ce caractère fut fort sensible à un choix qui lui ouvroit une carrière si fort à son gré, mais elle eut le bon esprit de sentir qu'on ne venoit à elle que faute de ne pou voir trouver un autre sujet qui rassemblât en soi tant de parties si manifestement convenables à la place qu'on lui offroit. (Id., ibid., c. 117.) —Tu as été sans doute un orateur célèbre. Tu avois de grandes partie»; mais souvent tu t'es écarté du point en quoi consiste la perfection. (Fên., Dial. des morts, i, 30. ) — On ne peut rien attendre que de fort achevé d'une étude si consommée, d'un jugement si exact, d'un esprit si éclairé et d'une piété si solide. Et plût à Dieu que sa providence disposât les choses de telle sorte, que tant de grandes parties fussent employées encore plus utilement pour le bien général de toute l'Eglise. (Arnadld, Œuv., t. î, p. 694.) — Addison n'était pas fait pour les grands ouvrages, et n'avait pas les hautes parties du génie littéraire. (Villbm., TabL de la littér. au dix-huit, siècle.) — Le caractère incomplet de ce jeune homme, qui ne régna que onze mois et qui avait quelques parties royales, est fort bien rendu, ou du moins très-vraisemblablement, par l'historien. (Ste-Bkuve, Caics., 7 févr. Ib53.'

PARTIR, suivi de de, dans le sens d'être lancé :

A peine du palais il sortoit dans la rue,

Qu'une flèche a parti d'une main inconnue. {Surmi v, 5.

— partir de, au fig., dans le sens de sortir de, d'être produit, d'être commis par :

Périsse mon amour, périsse mon espoir

Plutôt que de ma main pane un crime si noir. (Ctmta, m, 3.)

— partir de, fig., avoir telle chose pour principe, pour cause :

Et lors d'un sacré nœud l'inviolable étreinte

Tirera notre appui d'où partoit notre crainte. {La Tois. for, î, 4.)

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