‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 466 sur 743 · PASSAGE. — PASSER · texte numérisé non relu

PASSAGE. — PASSER

ei sur le coup vue belle occasion de tous faire eslirs roy. et y fassiez mien parvenu que ne ferez pat à présent, que tous briguez de l'estre.(La Satire Méms^ Harangue de d'Aubray.) — Il arrire sooTent que, en battant les blés et prêts* les raisins, on trouve plus de bien que les moissons et vendanges n'es pro toient pat. (S. Feanç. de Sales, heu., a M"" de Ouatai.) — Piqué contre Abat plus qu'il n'est pat croyable. iDTJarÊ, l'Attrée.i, 2.) — U estoit grand plus que fav dinaire de son âge, ilavoit la taille belle, le visage des plus agréables pour si teint clair-brun, au reste le discours bon, et la façon pins relevée qsje sacesév tion peut-être ne requeroit pat. (Id., ibid.t n, 1.) — Je me dontois bien enevfss lisiez autrement que ce n'estoit pas escrit. (Id., Urid., u, 5.) — Fort benreesssMat le roi acheva les affaires de tout le Poitou, et trouva pins d'affection et d'sfcawsance parmi tous les sujets de cette province que le duc de Biron ne pestait pat. (Pissas Mathieu.) — Il se mit à faire le plus grand armement qu'il entas* fait de sa vie. (Mbzeb., Abr. de Wist. de fV., an 1552.) — La négociation de b reine mère avec le roy de Navarre dans la ville de Nerac dura pins lou| ttnff qu'elle n'avoit pat cru. (Id., ibid., an 1579.) — Retournons donc sur nos pas,* considérons avec* plus de réflexion que nous n'avons pas fait tous les offsasi dont Dieu embellit le corps de l'homme. (Dugubt, VOuvr. dessus jsmn, Vf jonrj — Tout le discours était une sublime théologie de cette sorte, et partout égaltment consolant pour des rois dans un si grand malheur, sans néansntint jasai* leur tracer pat la moindre idée de leur chute. (Le Dieu, Jmtm., sept. 1700.)

PASSAGE, fig., dans le sens de moyen qui facilite :

Leur rage, pour l'abattre, attaque mon soutien.

Et par votre trépas cherche un pastage au mien. Pomp., iv, 5J

PASSEDROIT, licence, irrégularité :

L'unité de lieu est assez exactement gardée en cette comédie, avec ce pasuérti toutefois dont j'ai déjà parlé, que tout ce que dit Daphnis à sa porte, ou eo U rue, seroit mieux dit dans sa chambre, où les scènes qui se font sans elle et sas* Amarante ne peuvent se placer. (Exam. de la Suit.)

PASSER, v. n., avec l'auxiliaire être pour avoir:

Par là tous les saints sont passés. </■«.. •• M-*

L'emploi de l'auxiliaire être ou avoir, avec le verbe /x^*'» n'était point encore fixé du temps de Corneille.

— passer a, suivi d'un infinitif, comme venir à:

Si dans les moindres dons tu passes A considérer leur auteur, Verras-tu rien de vil, rien de foible en ses grâces

Rien de contemptible à ton cœur? (/»*« , «• lu '

— passer a, passer jusqu'à, suivi d'un nom de chose, ètfi porté jusqu'à :

C'est par là que vos yeux la trouvent adorable, *

Et que vous faites naître un amour véritable,

<«fui l'attachant à vous excite des fureurs

Que vous voyez passer aux dernières horreurs. (Atf., *•***

PASSER. m

Ah! que tu connois mal jusqu'à quelle manie

D'un amour déréglé passe la tyrannie I (La Toi*, d'or, v, 2.;

Cette haine de M. le cardinal de Richelieu avoit passé jusqu'au point de... (Retz, Mém., 1.) — Dont la pauvreté ne passe toutefois pas jusqu'à la mendicité publique. (Id., ibid.) — Les évoques de Constanlinople ayant transporté à lenr siège l'autorité de ceux de Cesarée, d'Ephése. d'Heraclée, et l'ayant élevé audessus de ceux d'Alexandrie et d'Àntioche, ils se brouillèrent /i fort avec celui de Rome, que cette discorde a enfin passé jusqu'à une entière séparation. (Mbzer., Hist. deFr. av. Clov., îv, 12.) — Les excès et les débauches firent passer facilement le mauvais naturel de Childéric jusques à la dernière cruauté. (Id., A or. de CBist. <fe JFV., an 673.)

— Et suivi d'un nom de personne, s'étendre jusqu'à :

Ou plutôt des Romains tel est le dur caprice

A suivre obstinément une aveugle injustice,

Qui, rejetant d'un roi le nom plus que les lois.

Accepte un empereur plus puissant que cent luis.

C'est ce nom seul qui donne à leurs farouches haines

Cette invincible horreur qui passe jusqu'aux reines,

Jusques à leurs époux. {TUe et Bér., m, 5.)

— passer dans, se laisser entraîner à, dans. Ce sens se rencontre dans une phrase un peu particulière de Pompée :

Quoi ! de la même main et de la même épée,

Dont il vient d'immoler le malheureux Pompée,

Septime, par César indignement chassé,

Dans un tel désespoir à ses yeux a passé ! (Act. iv, se. 1 . •

Et dans une autre, positivement mauvaise, de Y Imitation :

Tiens la balance droite à chaque événement,

Tiens-la ferme à tel point que jamais tu ne passes

Jusques dans la foiblesse, ou dans l'emportement. (Liv. m, ch. 25.

— passer trop avant, fig., aller trop loin :

Vraiment, en voulant rire, Vous passez trop avant; brisons là, s'il vous plaît. (Mét.} iv, 2..

— passer en, se changer en, se convertir en :

Je vois tous mes soupçons passer en certitudes,

Et ne puis plus douter de tes ingratitudes. [L'Hlus. com.% v, 3.)

Mais voyant son pouvoir, de vos succès jaloux,

Passer en tyrannie et s'armer contre vous. [Pomp., ni, 2.)

Je lis dans sa pâleur une secrète rage,

Et son étonnement va passer en fureur. • {Méd., v, 4.)

La crainte passe en tristesse quand elle est destituée d'espérance, et l'espérance se change en désespoir quand elle est séparée de la crainte. (Sknault, Traité de l'usage des passions, 2- p., 6* tr., 1" dise.) — Les évêques et les abbez de deçà les monts, nonobstant les deffenses des conciles, portoient les armes et alloient à la guerre, coutume qui passa en loy et en obligation. (JUxia., Abr. de

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