‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 468 sur 743 · PASSION · texte numérisé non relu

PASSION

— passer tel âge, avoir plus que tel âge : Elle passai alors cinquante ans. (Pulch., an lect.)

— se passer a, se contenter de :

Il «'est fallu passer à cette bagatelle,

Alors que le temps presse, on n'a pas à choisir. (Le Meni., 1, 5.)

Devenez an peu complaisante

Et daignez vous passer à trente. (Poés. div., Bagatelle.)

Je me passeray aux pins petits despens qu'il me sera possible. (H. Estienne, IV. prép. à tApol. pour Hérod., c. 6.) — Il faut bien se passer à ce que Ton a. (Soûl, Francion, v.)

PASSION, au plur., pour amour :

|. Elle remarque en lui tant de perfections,

Que les moins éclairés verroient ses passions. {*élmJ u, 1.)

En faveur d'un ami je flatte sa maîtresse.

Vois si tu le connois, et si, parlant pour lui,

J'ai su m'accommoder aux passions d'autrui. (Ibid., u, 4.)

Longtemps à mon sujet tes passions contraintes

Ont souffert et caché leurs plus vives atteintes. (La Veuve, îv, 4.)

Je ne vous tiendrai plus mes passions secrètes. [Pomp., iv, 3.)

c On ne dit point passions au pluriel pour signifier mon amour, » observe Voltaire.

On ne le dit plus, mais on Ta dit :

Je n'agrandirai point, riche d'inventions.

Vos beautés, vos dédains, ma foi, mes passions. [Dkspér., Sonnet à Diane.) Je commançay à lui remonstrer combien grande estoit l'amitié que je luy portais, et comme à son grant honneur elle pouvoit soulager mes passions, et tant de longs travaux que je souffrois à son occasion. (Lariv., Les ÈcoL, v, 10.) — Trou\e ce moyen d'alléger ses passions, il estoit preat de se désespérer. (Todrn., Le* Coniens, m, 9.)

Madame, hélas ! vostre excellence Et vos rares perfections

Sont cause de mes passions. Godard, Les Desguisez, ni, 9.)

Ainsi fut sourde au reconfort, Quand elle eul trouvé dans le port La perle qu'elle avoit songée, Celle de qui les passions Firent voir à la mer Egée

Le premier nid des alcyons. (Malh., Stances, 1609.)

Lors que devant vous je soupire, Qu'est-il donc besoin de vous dire De combien de soins ennuyeux

Mes passions sont traversées? (Racan, Ode.)

Mes faveurs ont toujours irrité ses mépris. Toutes mes passions n'ont fait que lui déplaire.

(Tristan l'Herm., Marianne, H, 6,)

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