PATIENCE. — PEINDRE
On le trouve employé dans ce sens, môme en prose :
Lucio, bien joyeux de cette commodité de pouvoir manifester ses passions à sa dame, commença sa harangue ainsi que s'ensuit. (Despébiers, Nouv., cxx, édit. La M.)— Ce prince, insensé d'amour et de jalousie, s'entretenoit en ses passion* par ces vaines et ridicules pensées. (Gombbrv., Cythérée, 1™ p., 1. 5.) — Son humeur étoit de témoigner toujours des passions extravagantes. (Sorel, Francion. v.i —Elle me donna tant de preuves de son gentil esprit, que je repris mes premières passions* (ld., ibid.)
Et de même pour parler d'un sentiment passionné autre que l'amour :
Cest icy véritablement que le hazard vient au secours de mon dessein, et que, la nature m'ayant refusé les moyens de vous agréer par mes ouvrages, je tiens a tout le moins de la fortune et la matière et l'espérance de pouvoir le faire par ceux d'autruy. Ouy, monseigneur, elle n'a pu souffrir, à la fin, que les passions que j'ay de vous plaire fussent plus long-temps inutiles. (Mai r et, Êpist. à Biehel.. en tète des Nouv. Œuvr. de Theoph.)
PATIENCE, avec le pluriel :
C'est ainsi qu'on déguise un violent dépit,
C'est ainsi qu'une feinte au dehors l'assoupit,
Et qu'on croit amuser de fausses patiences
•Ceux dont en l'Âme on craint les justes défiances. {Rodog., iv, *'>.)
PAYER de, employé d'une manière très-particulière pour signifier égaler en :
Je le disois dès lors, sans cette qualité
Vous n'eussiez pu jamais le payer de bonté. (Suite du Ment., n, 4.i
— PAVER LE DROIT DE LA NATURE, mourir :
Avant que de payer te droit de la nature Son âme, s'élevant au-delà de ses yeux, Avoit au Créateur uni la créature.
Et marchant sur la terre elle étoit dans les cieux. (Inscript, mises sous des estamp., Épit. sur la mort de damois. Ranquet. •
PÉCHÉ. METTRE UNE CHOSE AU RANG DES VIEUX PECHES , l*OU-
blier complètement :
On a beau nous aimer, des pleurs sont tôt séchés,
Et les morts soudain mis au rang des vieux péchés. {La Veuve, iv, 4.)
PEINDRE, iig. peindre en, peindre, représenter comme :
Loin d'en baisser le Elle nous l'ose pein
— PEINDRE DE, fig. :
Quitte, pour te force Et peindre alors tonÀ
Ce vers, qui appartient à une pièce dont la destinée fut si
Loin d'en baisser les yeux, l'orgueilleuse en fait gloire.
Elle nous l'ose peindre en illustre victoire. (Pulch., m, 4.)
Quitte, pour te forcer à deux ou trois soupirs,
Et peindre alors ton front d'un peu de déplaisir. [Penh., m, 3.)