PEINE
malheureuse, ne déparerait aucun des chefs-d'œuvre de Corneille.
PEINE, dans un sens énergique qu'il n'a plus guère aujourd'hui:
Je verrai mon amant, mon plus unique bien,
Mourir pour son pays, on détruire le mien,
Et cet objet d'amour devenir pour ma peine
Digne de mes soupirs, ou digne de ma haine. (Hor.t 1, 2.)
— faire de la peine a quelqu'un, lui susciter des difficultés, des embarras :
On m'a dit qu'il y a on certain M. Nicolas, qui est procureur du roi de la commission, qui fait tout. Il vaudrait mieux lui donner double taxe et qu'il ne nous Jk point de peine. (Leti. à Jacq. Goujon.)
— peine, difficulté, dans un autre sens; telle chose me fait peine a comprendre, pour signifier j'ai peine à la comprendre :
Ta libéralité méfait peine à comprendre.
Tu parles de donner, quand tu ne fais que rendre. (Héracl., 1, %)
— faire peine a, encore avec un nom de chose pour^sujet, permettre difficilement de :
Mais dessus ce vieillard plus je porte les yeux, Plus je crois l'avoir vu jadis en d'autres lieux. Ses rides me font peine à le bien reconnottre. (Œd., m, 4.)
— courir a sa peine, comme on dit courir à son malheur, courir à sa perte :
Qui se venge à demi court lui-même à sa peine. {Rodog., v, 1.)
— a peine, avec peine, péniblement :
La victoire entre eux deux n'étoit pas incertaine,
L'Albain percé de coups ne se traînoit qu'à peine.
Et comme une victime aux marches de Tau tel
Il sembloit présenter sa gorge au coup mortel. [Hor., iv. 2.)
— nous serons a peine a , nous aurons peine à nous trouver à :
Ma sœur, l'heure s'avance, et nous serons à peine,
Si nous ne retournons, au lever de la reine. (Clit., i, 9.)
— a grand'peine, employé d'une manière elliptique :
Hélas ! qu'avez-vous fait de cette amour parfaite Que vous me souhaitiez et que je vous souhaite? S'il vous en reste encor, n'êles-vous point jaloux Qu'à grand? peine chrétien j'en montre plus que vous? {PoL, u, C.)