‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 48 sur 743 · ASTRE. — ATTACHER · texte numérisé non relu

ASTRE. — ATTACHER

ASTRE, fig. son astre opposé, pour signifier sa destinée opposée :

Mais elle-même (hélas I) de ce grand nom charmée

S'attache au bruit heureux que fait sa renommée.

Cependant qu'insensible à ce qu'elle a d'appas,

Il me dérobe un cœur qu'il ne demande pas.

De son astre opposé telle est la violence,

Qu'il me vole partout, même sans qu'il *y pense. {Sertor., i. 1.)

ATTACHEMENT a, attention fixe à :

L'attachement de l'auditeur à l'action présente souvent ne lui permet pas de descendre à l'examen sévère de cette justesse. (Exam. d'Hor.)

ATTACHER, fig., avec une magnifique image :

Qu'il ait regret à moi pour son dernier» supplice,

Et que mon souvenir, jusque dans le tombeau

Attache à son esprit un éternel bourreau. (Méd.% i, 4.)

— attacher, au sens moral, lier, unir :

Voulez- vous V attacher à l'objet de sa haine? [La Veuve, m, 7.)

— Fixer, en parlant d'amour :

Quand vous voudrez tous deux attacher vos tendresses,

11 est des rois pour elle, et pour vous des princesses. (Suréna, n, 1 .)

— attacher a son sens, avec un nom de chose pour sujet, taire qu'on soit attaché à son sens :

Qu'à présent la jeunesse a d'étranges manies !

Les règles du devoir lui sont des tyrannies,

El les droits les plus saints deviennent impuissants

Contre cette fierté qui Y attache à son sens, (Mus. com.} m, -2,

— attacher, fig., avec une forme extrêmement concise :

Que vous m'ôtes cruel, que vous m'êtes injuste,

W attacher tout mon cœur au seul titre d'Âuyusle!

Quoi que de ma naissance exige la fierté.

Vous seul ferez ma joie et ma félicité. (Pulch., i, 4.)

C'est-à-dire, de vouloir que mon cœur ne s'attache qu'au titre d'Auguste.

— attacher auprès, avec un nom de chose pour sujet :

Harcelle n'est pas loin, et je me persuade

Que son amour Y attache auprès de sa malade. (Théod*, n, 1.)

— attacher a, dans le sens d'attribuer à :

Si j'en savois le nom, ta juste défiance Pourrait à ses défauts imputer ma constance, A son peu de mérite attacher mon dédain.

Et croire qu'un plus digne aurait reçu ma main. (La 8uw.t iv, 7.)

Page 1