‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 532 sur 743 · QUAND. — QUE · texte numérisé non relu

QUAND. — QUE

QUAND, a quand rendre? Mot à mot : pour rendre quand, à quelle époque, quand le rendrez-vous?

Hais enfin à quand rendre ?

Dés demain. {Suite du Ment., u, G.)

QUARTIER, pour signifier lieu en général, comme on disait canton .*

Prépare ton départ, et pense à ta retraite.

Pour en délibérer et choisir le quartier,

De grâce ma bonté te donne un jour entier. [M éd., u, 2.)

— avoir des amants par quartier, avoir des amants qui «l'occupent chacun qu'une partie du cœur :

On ne doit point avoir de* amants par quartier ;

Alidor a mon cœur et l'aura tout entier. (La PL Roy., i, 1.)

— A quartier, loc. adv., à part :

Écoute : quatre mots à quartier. (Mil., v, 6.)

A quartier, à part, c'est au fond exactement la même image.

— mettre a quartier, mettre à l'écart, négliger, ne pas tenir compte de :

On ne prend point néanmoins pour incroyables les incidents de ces deux tr;»- £édies, et ceux qui savent le désaveu qu'en fait l'histoire la mènent aisément à -quartier pour se plaire à leur représentation. [Deux. Disc.)

— ne rien laisser a quartier, ne rien omettre :

Ne m'importunez point de votre tablature :

Sans vos instructions je sais bien mon métier,

Et je n'en laisserai pas un trait à quartier. [La Suit/., n, 1.)

QUE, dans le sens de seulement, précédé de point. Voltaire s'élève à plusieurs reprises contre cet emploi :

Qu'ils ont vu Rome libre autant qu'ils ont vécu,

Et ne l'auront point vue obéir qu'à, son prince. [Hor., m, 6.)

c Ce point, dit-il, est ici un solécisme ; il faut, et ne l'auront ^vue obéir qu'à. »

Il doit à ses sujets encor plus qu'à personne,

Et cesse de devoir quand la dette est d'un rang

A ne point s'acquitter qu'aux dépens de leur sang. (Pomp.% i, 1.)

« Ce point est de trop; jamais on ne l'emploie que dans le sens absolu : « Je n'irai point, je n'irai qu'à cette condition. »

Ici, dis-je, où ma cour tremble en me regardant,

Où je n'ai poini encore agi qu'en commandant... . (Ibid., m, 2.)

« Est un solécisme; le point est de trop. »

L'offense, une fois faite à ceux de notre rang.

Ne se répare point que par des flots de sang. . (Nicom. , iv, 9.)

« Point que n'est pas français ; il faut, « ne se répare que par des flots. »

Outre les exemples critiqués par Fauteur du Commentaire, cette forme se rencontre encore très-souvent chez Corneille; ainsi :

Je l'avois bien prévu, que ce cœur infidèle

Ne se défendroit point des yeux de ma cruelle,

Qui traite mille amants a\ec mille mépris,

Et n'a point de faveurs que pour le dernier pris.

Sitôt qu'il l'aborda, je lus sur son visage... [Mil., n, I.)

Et mon affection ne s'est point arrêtée

Que chez un cavalier qui l'a trop méritée. [Ibid., iv, 2.)

Py mante, tenant Dorise d'une main, le combat de l'autre, ne croyant pas de sûreté pour soi. après a\oir été vu en cet équipage, qut par sa mort. (Argument de Clitundre.)

Il n'en faut point douter, l'amour a des tendresses

Que nous n'apprenons point qu'auprès de nos maltresses.

(La Gai. da Pal., i, 7.)

Nous n'apaiserons point cette humeur qui vous pique

Que par un entre-deux mis à votre boutique. {Ibid.f iv, 13.)

Chiméne est au palais, de pleurs toute baignée,

Et n'en reviepdra point que bien accompagnée. [Le CW, m, 1.)

Je ne veux point régner que dessus votre cœur* (Llllut. com.t n, 3.)

Gardez ces compliments pour de moins enflammés.

Et ne m'estimez point qu'autant que vous m'aimez. [M éd., n, 6.)

Mon cœur plus incapable encor de vanité

Ne feroit point de choix que dans l'égalité. [Théod., il, 2.)

Je sais qu'on n'entend point de telles prophéties,

Qu'après que par l'effet elles sont éclaircies. (lu Toit, d'or, tv, 1.)

Le sujet est simple, et du nombre de ces événements connus où il ne nous est pat permis de rien changer qu'autant que... (Exam. de Sert.)

•QUE. si 7

Mon cœur est tout à vous, et n'a point eu d'amis

Qu'autant qu'on les a vus à vos ordres soumis. [Oth., v, 4.)

Mon âme, de ce feu nonchalamment saisie,

Ne l'a point reconnu que par ma jalousie. (P*lck.t h, 1.)

Donne pour ce grand jour, donne ordre à tes affaires, Pour ce grand jour, le comble ou la fin des misères, Où chacun, trop chargé de son propre fardeau, Son propre accusateur et son propre bourreau, Répondra par sa bouche, et, seul à sa défense,

N'aura point de secours que de sa pénitence. ' {Imit., î, 24.)

Voltaire, en condamnant Corneille, condamne encore avec lui nos meilleurs écrivains du seizième et du dix-septième siècle, comme de l'époque antérieure :

Ou bien comme la dame honneste, belle et sage. Qui ne démasque point qu'à propos son visage.

(Vauqieli.n de La Fmesnate, Satire, à Garnier.) Pource qu'aucuns, de face sourcilleuse,

Ne cherchent pont que chose sérieuse. (Jodellb, Eugène, prol.)

Encore qu'ils aient le cœur contourné à l'amour, si ne veulent-ils pourtant pas

en prendre qu'avec quelque avantage de gloire. (S. Franc, de Sales, Introd. a la

vie dévoie.)— Il ne (nui pas les employer qu'avec discrétion et rése»ve. (Id., Lett.*

à M. Mien., ISouv. Lu. inéd.t 290e le il.)

Que vous êtes heureux, vous autres belles âmes.

Favoris d'Apollon, qui gouvernez les dames,

Et par mille beaux vers les charmez tellement,

Qu'il n'est point de beautés que pour vous seulement.

(Régnier, Sat., vin.) Le mérite ne se juge que par la prospérité, et la vertu n'a point d éclat que dans les ornements du vice. (Thêoph., Qbuv., 1" pari., Epistreau lect.)

J'aspire à ce repos qui n'est point limité

> Que de l'éternité. (Racan, Lett. à Chapelle, Minage et Conrart.) Ce régime ne se peut-pa* aisément pratiquer que dans une maison où l'on est le maître. (Id., ibid. —U n'y a point de «passion incurable que la joie... (Sbnault, Usage des passions, 2' p., 6* tr., 3e dise.)— Les impératrices n estoient pas reconnues femmes des empereurs que quand ceux-cy leur avoient accordé le privilège de la cérémonie du feu. (Rouan, Intérêts des princes, 1666, p. 2.) — Pour exhorter ses pénitents à ne point rechercher l'absolution du prêtre, qu'api es avoir pleuré leurs péchez. (Ar*ault, Fréquente communion, 2' p., c. xi.)— 11 me faut combattre dans l'esprit de V. M. des crimes dont ou ne parle qu'à elle, et dont le peuple n'a point été informé que par des bruit* vagues, confus et incertains. (Pelliss., Prem. Duc. au roi.) — Ils ne connoissent point de bains que le courant de la rivière. (Mezer., Bist. de France avant Clovis, i, ô ) — Je me joignis avec ces deux messieurs, dont je ne me separay point que lorsqu'ils voulurent partir de Constantin nople pour la Syrie. (Tayer*., Voyage de Perse, Dess. de l'aul.) — Quoy que le terroir d'Ardeuil soit bon pour la vigne, on n'y en voit point, et on ne fait point de vin qiïk plus de quatre ou cinq lieues loin de la ville. (Id., ibid,, 1,5.) —Rien ne l'afflige tant dans ses plaies que lorsqu'il voit qu'il n'en reçoit point que par autant de sacrilèges. (Boss., IVe Serm. pour le vendr. saùu, n.) — Elle ne vouloit point engager son cœur qu'en établissant sa fortune.- (Furet., Le Roman bourg., i.) — Les brefs ne furent point ouverts à cause de la mort du duc ,

qui arriva la nuit du même jour, les sages-grans n'ayant pas jugé à propos d'entamer cette affaire qu'après l'élection de son successeur. (Amelot, Différend de Paul V et de la républ. de Venise.) — On n'a point assez clairement connu la différence de l'esprit et du corps, que depuis quelques années. M alésa., Recherche de la vérité, préf.) — D'autres, pour éviter que les corps ne se corrompent, les mettent dans le fond de l'eau, dans leur cercueil, qui est d'un arbre creux ou de leur traîneau, et ne les en tirent point que pour les porter au cimetière (Regnard, Voyage de Laponic.) — Les juifs n'ont point permission de demeurer à Varsovie que pendant les diètes. (ld., Voyage de Pologne.) — Quand la libéralité naît de la bonté, elle en cdnserve toujours le caractère, et elle ne connott point de voies légitimes pour fournir à ses désirs qu'une sage économie. (Ddgobt, Instit. d'an prince, 1™ p., c. 18, art. 3.) — Le comte de Burgen ne sortit point de prison, qu'au bout de quelques mois. ;MBe o'Adlnot, Il in. d Hypol.)

Le puriste Ménage a vu aussi un barbarisme dans l'emploi de que précédé de point. Il Ta critiqué ainsi dans ses Observations sur la langue françoise (l,e p., c. 256) :

« Les dames ne sortent point du logis que pour aller en visite.

« Cette expression, qui est de M. d'Ablancourt, t. n, p. 63, de son MarmoL n'est pas françoise. Point fait là un barbarisme. Pour parler régulièrement, il faut dire : Les dames ne sortent point du logis* si ce n'est pour aller en visite. >

Cette façon de parler, aujourd'hui tout à fait tombée, se

retrouve chez quelques auteurs du dix-huitième siècle :

Tout est soumis à la même syntaxe : la règle ne varie point que dans l'idée de ceux qui, confondant tout ce qu'ils entendent avec la pratique du bon usage, ne distinguent pas les fautes et les négligences de style des bonnes expressions exigées et dictées par le génie de la langue. (Girard, Principes de la long, franc., 8* dise.) — Ganick... a fait connoissance avec nos acteurs., sur lesquels il ne s'explique point que vaguement et avec des louanges qui indiquent des restrictions- (Bachaum., Mém. secr., 1er oct. 1163, t. i, p. 281.)

— que, signifiant si ce n'est, autre que, autrement que, autre chose que, sans négation qui procède :

Et ce grand équipage Dont je vous ai fait voir le superbe étalage, Est bien à \otre fils, mais non pour s'en parer

Qu'alors que sur la scène il se fait admirer. [L'Illus. corn., v, 5.)

Ne crains pas leur vertu (des poisons), mon charme la modère. Et lui défend d'agir que sur elle et &on père. {M éd., iv, 1.)

Revoyons les vainqueurs sans penser qu'à, la gloire Que toute leur maison reçoit de leur victoire. {Hor., m, 1.)

Puisse à vos yeux M'écraser à l'instant la colère des cieux, Si j'adore autre objet que celui de Mélisse,

Si je conçois des vœux que pour votre service. (Suite du Jfrii/., v, 3.) La chasser, c'est vous faire un puissant ennemi. Sans obliger par là le vainqueur qu'à demi. [Pomp., î, 1.)

Je combats vos amants, sans dessein d'acquérir Que l'heur d'en faire voir le plus digneK et mourir. (D. Sonche, n, 2.)

Cependant je me trouve inceste et parricide.

Sans avoir fait un pas que sur les pas d'Alcide,

Ni recherché partout que lois à maintenir,

Que monstres à détruire et méchants à punir. {(Ed., v, 5.)

Allons, je veux encor seconder \os projets,

Sans remonter au ciel qu'après leurs pleins effets.

(La Tois. for, iv, 5.) Voilà quelle je suis, et quelle je veux être. J'accepte votre hymen, mais pour vivre sans maître, * Et ne quitterois point l'époux que j'avois pris, Si Rome se pouvoit éviter qui ce prix. [Sophon., n, 4.)

Les historiens ne marquent point qu'elle se soit donnée qu'aux deux premiers unmes du monde, César et Antoine. {Examen de Pompée.) — Ces prologues doimt avoir beaucoup d'invention, et je ne pense pas qu'on y paisse raisonnaement introduire que des dieux imaginaires de l'antiquité. ^Premier Discours.)

Et sa manne cachée est difficile à voir

Qu'à ces yeux épurés que la grâce illumine. (Imir., i, l.)

Et combien se méprend qui songe à quelque chose

Qu'à ce qui peut conduire au chemin du salut. {Ibid.f i, 2.)

Le désir de savoir est naturel aux hommes,

11 natt dans le berceau sans mourir qu'avec eux. (Ibid.)

Recommande en commun aux bontés du Très-Haut Celles dont les vertus embellissent leurs âmes ; Et sans en voir jamais qu'avec un prompt adieu,

Aime-les toutes, mais en Dieu. [Ibid., i, 8.)

On trouve en très-grand nombre des emplois analogues qu'il eut être utile de remettre sous les yeux :

Viens, Mort, viens, prompte Mort (ce disoit l'effronté), Si j'ay rien prononcé que saincte vérité.

(D'AuBiGNB, Les Trag., vi.)

Sans qu'il reste à pas un, pour vingt ans de services, Que des cheveux blanchis, de larges cicatrices.

(Cyrano, La Mon d'Agrippine, iv, 3.)

Ah ! ne présumez pas que son amour extrême •Voulût pour l'acquérir employer que lui-même.

(T. Corn.. Le Berger extruvagunt, iv. 1.) Non que j'aspire enfin qu'à, mériter un bien Sans qui tout m'est fatal, sans qui tout ne m'est rien.

lld., La Mort de l'empereur Commode, u, 5.)

Rarement s'affranchit-il d'un favori insolent que par un autre, irrité de sa veur. (Dugubt, In s Ut. d un prince, 2* p., c. 10, art. i.) — Sans que les refformez rdissent qu'un cadet. (D'Aubigné, Hisi. unit/., 1. m, c. xu, 1" éd.)

Et la bonne déesse à qui, dés ma naissance,

Mes parents ont remis le soin de mon enfance,

M'apparoist, en dormant, presque toutes les nuicts,

Et menasse mes jours d'incurables ennuis

Si jamais je me lie au nœud de mariage

Qu'à ceux de mon pays et de mon parentage. (Racan, lier g., u, 3.)

Dieu nous a tant donné de diverlissemcns, Nos sens trouvent en eux tant de ravissemens, Qne c'est une fureur de chercher qu'en nous-mesme Quelqu'un que nous aimions et quelqu'un qui nous aime.

(Théophile, Élégie.)

On fait à sçavoir que Faret

Me rime plus à cabaret ;

Ce seul départ l'en rend indigne,

Il est dégradé de la vigne,

Et Bacchus, nostre puissant roy,

Suivant les règles de sa loy,

Le casse, et luy défend de boire

Que dans la Seine ou dans la Loire,

Puisqu'il délaisse, amy de l'eau,

Paris pour un Fontaine-bleau. (Saint-Amant, Les Cabaret».)

La pratique générale et universelle défendoit de communier les pécheurs qu'après l'accomplissement de leur pénitence. (Arnauld, Fréq. coum., 2* p., c. 15.) — Vivez sans penser qu'au jour où vous êtes. (MB* de Maintenon, Leu.% hist., à M™ de Monfort, l*r janv. 1689.)— Il n'est pas en doute parmi les gens du métier que si le prince d'Orange eût agi en capitaine s'empêchant de combattre qu'avec un avantage entier, et ne se proposant pour but que de faire lever le siège, il n'en fût venu à bout. (Pelliss., Leu. hist., 16 mai 1677.) — Ils ont changé le gouvernement des Etats sans considérer que l'avantage de leur parti. (Arnauld, Apol. pour Us cathol. (TAngUt., !'• p., c. 2.)

Que la terre à mes pieds s'ouvre pour m'abtmer,

Si je cherche en l'aimant que le bien de l'aimer. (Maucroy, Œuv. dtv.)

Après qu'il eut perdu toute espérance d'en pouvoir obtenir que de l'amitié, il chercha les moyens de se guérir. (Flbcb., Mém. sur les grandi jours d'Auvergne, 2* éd., p. 13.) — Il n'a pas seulement eiercé son courage dans des occasions où il s'agissoit de sa vie autant que du bien public, mais encore dans celles où il n'y avoit pour lui aucun péril que volontaire. (F ohtkh., Éloge des Acad., d'Argenson.)

C'est par la même figure qu'on a pu dire :

Je le quittai et je le pleurai, sans lui dire que cela. (M11* de Montprns., Mém., 1671.) — Sans application que fort légère et fort médiocre. (Pelliss., Riflex. sur tes diffèr. de la reùg., introd., sect. 2, vu.)

— Corneille a dit, et on a dit comme lui par la même ellipse, dans des phrases interrogatives :

pollux. Dieux 1 et que fera-t-elle?

jason. Et que fit Hypsipile,

Que pousser les éclats d'un courroux inutile? {Méd., i, 1.)

Et que dois-je espérer qu'un tourment éternel.

Si je poursuis un crime aimant le criminel? {Le Cid, m, 2.)

D'où viendrait cette adresse à faire vos messages,

A jouer avec vous de si bons personnages,

Ce trésor de lumière et de vivacité,

Que d'un sang amoureux que j'ai d'eux hérité ? {Suite du Ment., îv, 1.)

Car d'où pourrait mon trône attendre un ferme appui,

Et pour qui mépriser tous nos rois, que pour lui? Sert., 11 , 1.)

Quand il faut m'arracher tout cet amour de l'âme,

Puis-je que dans mon sang en éteindre la flamme? [Oth., i, 9.)

Quand la reine a paru, m'a-t-il considérée?

A t-il jeté les yeux sur moi qu'en me quittant? (T\U et Bér., u, 7.)

Ai-je employé mes soins, mes amis que pour vous?

Ai-je cherché par là qu'à vous voir mon époux? {Pulch., ni, S.)

Que suis-je, las ! moy, chetif amoureux,

Pour trop sentir, qu'un Sisyphe ou Tantale? (Bons., Amours, i, lvi.)

Qui en connottra qu'eux-mêmes? (Pelliss., Comidér, sur U procès de Fouquet.) — A quoi nous servent les biens que poux les dépenser honorablement? (Sorkl, Francion, xii.)— Qui l'aurait pu porter à ce changement, que la force de la vérité? (AaifAULD, Apol. pour tes caihoL oTAnglet., 2* p., c. 35.)— Si les choses s'étoient passées comme il dit, auroit-on pu le regarder que comme un méchant, qui... (Id., ioid.f ln p., c. 15.) — A quoi peut-on attribuer, qu'à la puissance de sa grâce, des événements si prodigieux? (Id., ibid., 2* p., c. 13.)

Qu'étoient les Mahomet, qu'étoient les Tamerlans, Que des ravisseurs insolents?

(Sbnbci, Contes, Le Poète donné aux chiens.)

Qu'a-t-on à faire dans cette courte vie que de s'amuser? (Volt., Lctt., à M. de Bordes, 6 sept. 1769.)

Quel lien nous faut-il que notre propre cause?

Et quel autre serment que l'honneur, la parole? (Id., Jutes César, n, 2.)

Cette ellipse n'est pas sortie de l'usage ; ainsi on a dit d'une manière analogue, de nos jours :

Excepté ma voix lente et monotone qui traduisait littéralement à des pécheurs de la mer ce poème du cœur, on n'entendait aucun bruit que les coups sourds et éloignés de la mer qui battait la côte là-bas sous nos pieds. (Lamaht., Graziclla.)

— que, suivi d'un infinitif, et précédé d'une négation équivalant à rien à :

Te voilà sans rivale, et mon pays sans guerres,

Ma fille; c'est demain qu'elle sort de nos terres; *

Mous n'avons désormais que craindre de sa part. (M éd., u, 4.)

€ Nous n'avons que craindre est un barbarisme, » dit Voltaire.

Corneille avait déjà dit dans la comédie de la Suivante, m, 40: Surpris, ravi, confus, je n'ai que repartir.

Et dans Milite, i, 2 :

Et je l'amène ici n'ayant plus que répondre, Assuré que vos yeux le sauroient mieux confondre.

Dans Clitandre, u, 6 :

Ainsi rien désormais ne pourroit m'enflamroer ; N'ayant plus que haïr, je n'aurois plus qu'aimer.

S'il y avait barbarisme dans les phrases de Corneille, il en faudrait voir aussi dans les suivantes d'auteurs très-différents et très-corrects des époques les plus reculées de notre littérature, aussi bien que du dix-septième siècle :

N'unt que beivre ne que mangier.

(Benoît, Citron, des Ducs de Norm.. u, 5525, éd. F. 1.) Assez jane qui n'ad que manager. (Proverbe* de France.)

N'avoient que mengier, de faim sentent la rage.

(Cuvklier, La fie vaillant Bertran du Guesclin, Yar. des v. 4385-4596.) Arrive à l'aventure à sa meson à telle heure qu'il est aussi prés du mata comme du soir, et ne trouve que souper, car la dame et tout son ménage sont couches. [Le* Quinze joyes dé mariage, la quarte joye.) Corte descient sur le flanc senestrer, Dusqu'à boiaus n'i laissa que trancher.

(Raimbert de Paris, Ogier de Don., v. 11486.)

Et quant il voit qu'il n'a en lui

Que reprendre, ne tant ne quant... {Le Lai du cotueil}

Ya, pille ceux qui les richesses ont

Car sur les nuds les larrons n'ont que prendre. (Forcadbl, Èmgr.)

Dames, où n'y a que reprendre, Et qui tenez l'honneur très-cher.

(Cl. Ma rot, Epist., Excuse d'avoir faict aucuns adieux, 1539.) Yous n'avez que chercher en cecy. (Lariv., Le Fidèle, îv, 2.) — Quand ils n'avoient plus rien que leur donner, ils les menoient chez d'autres. (Fauchet, Les Antiq. gauL, i, 6.) — Tout ainsi que les choses furent ordonnées elles furent exécutées par les uns et par les autres, et la place de toutes parts reduicte en si bon estât qu'il n'y avoit plus que craindre. (Du Yillars, Mém.t m, 1552.)—... Tirants pour néant, et ne trouvants que succer. (Satyre àlénippée, Har. de M. d'Aubray.) Le païsan de cent ans, dont la teste chenue Est couverte de nege, en suivant sa charrue, Yoit galopper de loin l'argolet outrage ux. Qui d'une rude main arrache les cheveux, L'honneur du vieillard blanc meu de faim et de rage • Pour n'avoir peu trouver que piller au village. (D'Àua., Lu Trag., i.) Ils surent bien alléguer que ce royaume ne dépendoit pas des loix du pape, qu'il n'avoit que voir en cest Estât. (Lett. miss, de Henri IV, t. n, p. 148.) — J* vous avois dit au commencement de cette lettre que je n'avois que vous écrire, et cependant, sans y penser, je vous ai presque fait un volume. (Malh., Leu., à Peiresc, 20 janv. 1608.)

Mon esprit satisfait n'aura que désirer. (Racak, Pm>, l.;

Les traits du visage très-beaux, et si bien proportionnés qu'on n'y trouvoit que reprendre. (La Font., Les Amours de Psyché, u.)

On trouve de même sans négation :

Demandant s'on a que repaistre.

(Poésies attribuées à Villon, La Repue franche du Lymomsin.; Il auroit beau estre continent, sage, tempéré, morne, grave et retiré, vous y trouveriez tousjours que redire. (Satyre Ménip., Har. de M. d'Aubray.)

# — Voltaire critique encore dans Corneille plusieurs emplois elliptiques de que :

Le roi ne sait que c'est d'honorer à demi. (Bor.f iv, 2.)

€ Cette phrase, observe le commentateur, est italienne ; nous disons aujourd'hui, ne sait ce que c'est. Hais la dignité du tragique rejette ces expressions de comédie. »

H n'y a rien à dire à cette observation, bien qu'on puisse peutêtre la trouver d'un goût trop sévère. Hais nous ne saurions approuver la critique suivante :

Elle raearl de savoir que chante le poulet. (Le Ment., iv, 8.)

€ Il faut, dit Voltaire, « ce que chante. » Nous ne devons pas vendre le quid des Latins et le che des Italiens par le simple que; la raison en est claire; ce que produirait une amphibologie perpétuelle, t Je crois que vous pensez » est très-différent de « je crois ce que vous pensez. » € Je vois que vous aimez, » et € je toîs ce que vous aimez » ne sont pas la même chose. »

Il y aurait en effet amphibologie dans les phrases que l'auteur du Commentaire arrange pour le besoin de sa critique ; mais quoi de plus clair et de plus net, et en même temps quoi de plus vif que le vers :

Elle meurt de savoir que chante le poulet?

L'emploi de que à la manière du quid ou du quod latin était autrefois, on le sait, extrêmement fréquent II suffira de rappeler quelques exemples, comme ceux-ci :

Mais mostrer veul que faire sai.

IRen. de Bbaujcu, Li Biaus Descotmeus, v. 10.)

Je te veux maintenant, avant que m'eschaufer, Moustrer que vaut la main du grand prince d'enfer.

(L'Enfer de la mère Cardine.) Je vous prie, d'aultant que Dieu vous a donné. cette opportunité, de proffiter en son escolle, comme s'il vouloit parler à vous privément en l'oreille, d'eslre attentif à goûter mieulx que jamais que vauit sa doctrine, et combien elle nous doibt estre précieuse et amyable. (Calvin. Le il publiées pour la première fois par J. Bonnet, t. ii, p. 233.) — L'homme qui présume de son savoir ne sait pas encore que c'est que savoir. (Montaigne, Ess., n, 12.) — Voilà que César dit en passant. (Pasquieh, Rech.. i,2.) — 11 veut sçavoir que Ton faict, que l'on pense. (Larit., Les EcoL, u, 2.) — Je veux sçavoir qu'il y a de nouveau. (Id.. Ibid., iv, 2.) — Ne te soucie que de me dire seulement que tu veux faire. (Id., Le Laquais, i, 5.) — Je me doute que c'est. (Ici., Les Esprits, m, 6.) — On ne peut sçavoir qu'il estoit devenu. (Fauchbt, Anuq. gaul.t il, 16.)

Leur âme, sans mentir, ne sçait que c'est de feindre.

(L.-C. Discret, Aliton, îv, 8.)

Vous ne saurez que c'est d'une flamme constante. (Yoituui, Êlêgk.)

L'on demanda en ce temps-là qu'étoit devenue l'autorité de M. le Prince, puisque la régente l'ayant perdue, elle ne paraissoit passée à aucun autre. (La duc h. db Nemours, Mém.9 1651.)

Outre les exemples précités , Corneille emploie encore plusieurs fois que pour ce que, comme dans ces vers :

Apprends-moi cependant qu'est devenu ton maître. (Suite du Menu* v, 1.)

Hélas I cet art, mon frère, impuissant sur les âmes. Ne sait que c'est d'éteindre ou d'allumer des flammes.

(La Toi*. <tor, iv, 1.)

Je sais vous obéir.

Mais je ne sais que c'est d'aimer ni de haïr. [Sert., nr, î.)

Il a des adversaires Qui ne savent que c'est que de se reposer. (!mU.t n,9.)

— que, pour que de :

C'est crime qu'envers lui se vouloir excuser :

Notre sang est son bien, il en peut disposer. {Hor„ v,2.)

Pour qui venge son père il n'est point de forfaits,

Et c'est vendre son sang que se rendre aux bienfaits. (Ctnna, i. 2.)

0 Tutile secret que mentir à propos I [Le Ment., u, 6.)

Souvent c'est perdre tout, que vouloir tout savoir. {Suite du Ment.% î, 2.)

C'est blesser les Romains que faire une conquête,

Que mettre trop de bras sous une seule tête. (Nhom., y, 1.;

— que, dans le sens de pour que :

Hais que vous a-t-il fait, que pour lui seulement

Vous vous rendiez rebelle à mon commandement? {La 5aûr., v, 7.)

Fuyez, qu'k ses soupçons il ne tous sacrifie. (*éd., i. 5.)

Cliton, ne raille point, que tu ne me déplaises. (le Ment., v, 4.)

— que de, pour que celui de :

Non père, trop sensible aux droits de la nature,

Quitta tous autres soins que de sa sépulture. (***•, m, 3.)

Les vers suivants présentent une ellipse bien moins ordinaire et beaucoup plus forte :

Et du trône où le ciel a voulu m'affermir,

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