‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 534 sur 743 · QUE. — QUEL · texte numérisé non relu

QUE. — QUEL

— et que, employé sans être précédé d'un autre que :

J'ai cru sa mort pour vous un malheur nécessaire,

Et que sa haine injuste augmentant tous les jours... (Pomp., m, 2.)

c Et que, » n'ayant point été précédé d'un autre que, est une faute de grammaire, mais de ces fautes qui cessent de l'être dans la poésie animée, » lit-on dans les Remarques sur Pompée, par un auteur anonyme.

Cette forme aisée ne nous paratt nullement fautive, et elle se rencontre souvent en prose comme en vers :

Considérant toutefois l'état des choses, et qu'il seroit peut-être difficile au roi son maître de conserver ni Dunkerque, ni les autres places de Flandres, contre les Anglois et les Espagnols, s'ils se joignoient ensemble, U se rapaisa. ( Pblussoif, ttùt. de Louis XIV, 1. î, 1662.)— Cependant je voyois tous mes desseins avortés, et que non-seulement ma ruse innocente avoit été inutile, mais, pour comble de désespoir, qu'elle m'avoit rendu odieux à la charmante Cyparisse. (M** de Villbd., Carmante, i, 2.)

Mes fers par eux brisés leur montrent leur pouvoir,

Et que pour abolir une injuste puissance,

Tout le succès dépend de leur persévérance. (La Fosse, Manlius, i, 1.)

Les Latins employaient d'une manière analogue la préposition infinitive comme second complément d'une phrase dont le premier était un substantif à l'accusatif.

— et que continue aussi une pensée commencée par un infinitif :

Mais voyant à leurs pieds tomber tous leurs soldats,

Et que seuls désormais en vain ils se défendent,

Ils demandent le chef, je me nomme, ils se rendent. (Le Cid, îv, 3.)

Cette construction, fréquente chez Corneille, Test également, comme la précédente, chez tous les bons écrivains du dix-septième siècle :

L'Espagne, pour empêcher que ce prince (Charles II) ne s'alliât avec ses ennemis déclarés, et pour l'engager insensiblement dans son parti contre le nôtre, lui faisoit offrir à Londres, par le baron de Vateville son ambassadeur, des princesses de la maison d'Autriche, et d'autres encore; la princesse de Panne, qu'elle promettait de doter à ses dépens comme une infante ; même la fille du prince d'Orange, à qui elle assuroit les mêmes avantages, sans se souvenir alors de son grand séle pour la foi, et que donner à cet État une reine protestante, c'étoit <5ter aux catholiques toute la consolation et tout le support qu'ils y pouvoient espérer. (Pblusson, But. de Louis XIV, 1. j, 1661.)

QUEL de, pour lequel de :

Quels de vos diamants me faut-il lui porter? (Suite du Ment., n, 8.)

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