‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 559 sur 743 · RAVIR. — RAYON · texte numérisé non relu

RAVIR. — RAYON

[Exam. de Thiod.) — Je serois d'avis que le poète prit grand soin de marquer à I la marge les menues actions qui ne méritent pas qu'il en charge ses vers, et qui ' leur ôteroient même quelque chose de leur dignité, s'il se ravalait à les exprimer. {Troisième Disc.)

— . SE RAVALER JUSQU'A, Suivi d'un SUbst. '.

Dois-je me ravaler jusque* à cet époux?

On dois-je par votre ordre aspirer jusqu'à vous? (0*A., n, 3.)

— ravaler de, neutre, comme baisser de :

Plus dans leur folle estime il se trouve compris,

'Plus il ravale de son prix. {Imit. , in, 42.)

On a dit de même, quelques années avant Corneille :

Car avec un défaut si digne de mespris,

Vostre beauté s'efface et ravale de prix. (Voiture, Elégie.)

Plus anciennement, on trouve dans le môme sens ravaler en :

Tesmoings les usuriers de Landerousse qui naguieres se pendirent voians les bleds et vins ravaller en prix, et bon temps retourner. (Rabelais, tu, 3.)

— ravalé, participe passé, sort ravalé, coeurs ravalés :

Dans mon sort ravalé je sais vivre en princesse. (Théod., u, 4.)

Va, porte celle crainte à des cœurs ravalés. ' {Penh., m, 3.)

— termes ravalés, termes bas :

rl'oublierèz-vous jamais ces termes rdvàtè* ? {La feutre, u, 4.)

RAVIR, se laisser ravir a, pour se laisser emporter à :

Albe est ton origine : arrête et considère

Que tu portes le fer dans le sein de ta mère.

Tourne ailleurs les efforts de tes bras triomphants,

Sa joie éclatera dans l'heur de ses enfants ;

Et, se laissant ravir à l'amour maternelle,

Ses vœux seront pour toi, si tu n'es plus contre elle. (Hor„ i, 1.)

La Harpe, à tort, souligne comme impropre,

RAYON, fig. un rayon prophétique, une illumination prophétique : .

Ce n'est pas tout, seigneur, une céleste flamme

D'un rayon prophétique illumine mon Ame. (Ci*., v, 3.)

— RAYON, fig. UN RAYON DE GÉNÉROSITÉ :

Jamais an affranchi n'est qu'un esclave infâme ;

Bien qu'il change d'état, il ne change point d'âme ;

La tienne, eneor servile, avec la liberté

N'a pu prendre un rayon de générosité. vCin., iv, 6.)

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