RAVIR. — RAYON
[Exam. de Thiod.) — Je serois d'avis que le poète prit grand soin de marquer à I la marge les menues actions qui ne méritent pas qu'il en charge ses vers, et qui ' leur ôteroient même quelque chose de leur dignité, s'il se ravalait à les exprimer. {Troisième Disc.)
— . SE RAVALER JUSQU'A, Suivi d'un SUbst. '.
Dois-je me ravaler jusque* à cet époux?
On dois-je par votre ordre aspirer jusqu'à vous? (0*A., n, 3.)
— ravaler de, neutre, comme baisser de :
Plus dans leur folle estime il se trouve compris,
'Plus il ravale de son prix. {Imit. , in, 42.)
On a dit de même, quelques années avant Corneille :
Car avec un défaut si digne de mespris,
Vostre beauté s'efface et ravale de prix. (Voiture, Elégie.)
Plus anciennement, on trouve dans le môme sens ravaler en :
Tesmoings les usuriers de Landerousse qui naguieres se pendirent voians les bleds et vins ravaller en prix, et bon temps retourner. (Rabelais, tu, 3.)
— ravalé, participe passé, sort ravalé, coeurs ravalés :
Dans mon sort ravalé je sais vivre en princesse. (Théod., u, 4.)
Va, porte celle crainte à des cœurs ravalés. ' {Penh., m, 3.)
— termes ravalés, termes bas :
rl'oublierèz-vous jamais ces termes rdvàtè* ? {La feutre, u, 4.)
RAVIR, se laisser ravir a, pour se laisser emporter à :
Albe est ton origine : arrête et considère
Que tu portes le fer dans le sein de ta mère.
Tourne ailleurs les efforts de tes bras triomphants,
Sa joie éclatera dans l'heur de ses enfants ;
Et, se laissant ravir à l'amour maternelle,
Ses vœux seront pour toi, si tu n'es plus contre elle. (Hor„ i, 1.)
La Harpe, à tort, souligne comme impropre,
RAYON, fig. un rayon prophétique, une illumination prophétique : .
Ce n'est pas tout, seigneur, une céleste flamme
D'un rayon prophétique illumine mon Ame. (Ci*., v, 3.)
— RAYON, fig. UN RAYON DE GÉNÉROSITÉ :
Jamais an affranchi n'est qu'un esclave infâme ;
Bien qu'il change d'état, il ne change point d'âme ;
La tienne, eneor servile, avec la liberté
N'a pu prendre un rayon de générosité. vCin., iv, 6.)