‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 600 sur 743 · ROYAUME. — SAIGNANT · texte numérisé non relu

ROYAUME. — SAIGNANT

ROYAUME, le royaume du gode, pour dire les écoles de droit :

Ne vois-tu rien en moi qui sente l'écolier?

Comme il est malaisé qu'au royaume du codé

On apprenne à se faire un visage à Ja mode,

J'ai lieu d'appréhender... (Le Ment., i, 1.)

RUDESSE, voir quelqu'un d'un oeil de rudesse, à peu près comme on dit voir d'un mauvais œil :

Quel plaisir aura-t-il auprès de sa maltresse,

Si mon fils ne l'y voit que d'un œil de rudesse,

Si sa mauvaise humeur ne daigne lui parler,

Ou ne lui parle enfin que pour le quereller? [La Veuve, ni, 5.)

Cette locution parait singulière, et nous n'en avons pas trouvé d'exemple.

— rudesse, employé avec le pluriel dans le style noble :

Reprends, reprends, Jason, tes premières rudesses,

Leur coup m'est bien plus doux que tes fausses tendresses.

(Lu Toit, d'or, m, 3.)

RUINE, prendre un chemin pour sa ruine, pour se perdre, pour sa perte :

Quel chemin Exupère a pris pour sa ruine ! (HéracL, v, 7.)

Expression qui ne nous paraît pas barbare, comme Ta jugée Voltaire.

RUISSEAU. Bel emploi au figuré :

Et combien de ruisseaux coulèrent de mes yeux! (Hor.y i, 1.)

Sa vie à longt ruisseaux se répand sur le sable.

Chaque instant l'affaiblit, et chaque effort l'accable. (Ait., v, 6.)

SACRIFICE, faire, sacrifice, comme sacrifier :

Et je n'ai pas moins qu'elle à rougir d'un supplice

Qui profane l'autel où j'ai fait sacrifice, {Thiod., 111, 5.)

SAIGNANT, comme sanglant :

Ma main, saignante encor du meurtre de Pélie,

Soulevoit contre moi toute la Tbessalie. {Méd., n, 9.)

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