‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 608 sur 743 · SÉDUIT. — SEMER · texte numérisé non relu

SÉDUIT. — SEMER

La locution secrétaire de mes pensées, pour confident de mes pensées, est celle qu'on rencontre le plus souvent.

— secrétaire, écrivain public :

Proche saint Innocent il se fit secrétaire.

Âpres, montant d'état, il fat clerc d'un notaire. {V II lus. corn*, i, 3.)

SÉDUIT de, trompé par :

En ce déguisement on ne peut nous connoître,

Et sans doute bientôt le jour qui vient de naître

Conduira Rosidor, séduit <fun faux cartel.

Aux lieux où cette main lui garde un coup mortel. (Clit., i, 5.)

SÉJOUR, retard, délai :

C'est comme doit agir un véritable amour ;

Un feu moindre eût souffert quelque plus long séjour,

Et nous voyons assez par cette expérience

Que le sien est égal à son impatience. [La Veuve, vt 6.)

N'y perdons point de temps, et sans plus de séjour.

Allons sacrifier au tout-puissant amour. {La Tois. d'or, î, 6.)

Sans discourir faites ce qu'il faut faire ; Un moment de séjour peut tout déconcerter. [Oih., iv, 2.)

Séjour était très-usité autrefois dans le sens de retard ou de repos, ce qui au fond revient au môme :

Voyez comme un peu de séjour quelquefois porte dommage. (Montluc, Commentaires, i.)— Je n'ai jamais été en séjour, ains toujours prêt au premier son du tambourin. (Id.f ibid.)

Qui a veu le passereau

Dessus le printemps nouveau,

Pipier, battre de l'esle,

Quand d'un infini retour

Il mignarde sans séjour

Sa lassive passerelle. (J. Tahureau, Poés., Les Baisers.)

De même avec un régime indirect :

Je suis fort de cet advis, qu'il est bien plus aisé et plus plaisant de suivre que de guider, et que c'est un grand séjour d'esprit, de n'avoir à tenir qu'une voye tracée et à respondre que de soy. (Montaigne, Ess., i, 42.)

Il s'employait aussi pour loisir y ce qui est toujours le même sens :

Ce ne sera chose inutile, ni oisive, vu que nous sommes de stjour, vous rame n te voir la première source et origine dont nous est né le bon Pantagruel. (Rabelais, u, l.)

SEMER, v. a., fig. semer quelqu'un par morceaux, en disperser les membres :

Pour jeter un obstacle à l'ardente poursuite

Dont mon père en fureur touchoit déjà ta fuite,

Semaine avec regret mon frère par morceaux? {Méd., m, 3.)

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