‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 614 sur 743 · SIEN · texte numérisé non relu

SIEN

Cette forme, qui nous paraît excellente par sa brièveté, s'employait fréquemment dans le familier et dans le comique :

Mais dictes moy qui est celui qui pour moy se trouble ainsi? Est il estrangier. eu j'il est de ceste villef [Le Livre de Trollut, n, Bibl. elzév.) A-il optique fille qu'il maintient.

Ou j'il est yvrongne ou joueur? (Farce du nouveau mark.)

Songé-je, ou si je veille? (Lariv., La Veuve, n, 5.) Es-tu venu icy tout droiet, ou si tu as passé par Troyes? (Id., La Consu, iv, 1.) — Deviendrai-je la victime du roi d'Ecosse ? sera-t-il la mienne ? ou si, sans lui céder, j'aurai le désespoir de le voir heureux? (HM di Villid., Journal amoureux, 6* p., xix* jour.) — « Voilà, dit le chevalier, un réveil assez gai et assez bouffon; et à qui en as-tu donc? ou si c'est aux anges que tu ris? (Hamilt., Mém. du comte de Gram.y Introd.)

On la rencontre aussi dans le langage élevé :

Eh quoy! madame, quoyl Veillé-je, ou si je songe? Ht qu'est-ce que je voy ? De quelle passion l'estrange violence Triomphe de vostre ame avec tant d'insolence?

(SCHBLANDRI, TuT Cl SÙfofl, 2« JOUIH., 111, 4.)

Et bien ! vous, conseillers des grandes compagnies. Fils d'Adam qui jouez et des biens et des vies, Dittes vrai, c'est à Dieu que compte vous rendez. Rendez-vous la justice, ou si vous la vendez?

(D'AUBiGNÉ, Les Tragiques, n:.} L'amour à vos beaux jours joindra-t~il mon destin, Ou si votre refus sera mon assassin ? (Rotroo, Vencestas.)

Enfin, exigea-t-il vos hommages comme un tyran, ou s'il mérita votre tendresse comme un vrai père? (Mass., Or. /un. de M. de Vilterou, archev. de Lyon, i.)

On trouve de même, ou bien si :

Pensez-vous que j'aie cessé d'être ce que j'étois, ou bien* si vous êtes changé de ce que vous étiez? (Sobel, Franeion, 1. xu.) — A quoi lui servoient tous ces outils? Les avoil-il fait faire tout exprès pour les faire porter dans la chambre de Franeion? Les avoit-il trouvés tout faits dès aussitôt qu'il en avoit eu le dessein, ou bien j'il les avoit fait faire en si peu de temps? (Id., ibid.)

SIEN, précédé de quelque :

Que déguisant son nom, et cachant sa famille, Il avoit fait merveille aux guerres de Castille, D'où quelque sien voisin depuis peu de retour L'avoit vu plein de gloire et fort bien à la cour. (D. Sanehe, v, 7.}

— sien, placé après le sujet :

Ainsi ce rang est sien, cette faveur est sienne,

Et je n'ai rien enfin que d'elle je ne tienne. (Po/., u, 1.)

Nous ne citons que pour mémoire ce latinisme : il n'a rien de particulier à Corneille.

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