‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 615 sur 743 · SILENCE. — SOIN · texte numérisé non relu

SILENCE. — SOIN

SILENCE, faire du silence a quelqu'un, se taire pour l'écou- :er parler :

Faites-lui du silence, et l'écoutés parler. (L'IUus. corn., n, 1.)

— silence, avec le pluriel :

J'aime assez qu'on s'explique.

Les silences de cour ont de la politique. (Putch., v, 4.)

Voir l'art. HONTES.

SOI. de soi, par soi-même, en soi-même :

La vision, de soi, peut faire quelque horreur. {Pol., î, 3.)

« La vision,dït le commentateur, est bannie du genre noble, et de soi Test de tous les genres. »

Nous ne comprenons pas l'observation de Voltaire. La locution qu'il bannit de tous les genres est reçue dans tous. € De soi, dit la dernière édition du Dictionnaire de l'Académie, signifie quelquefois, de sa nature. »

Corneille a dit encore, entre autres exemples :

Il suffit que nous n'inventions pas ce qui de soi n'est pas vraisemblable. {Disc, de fa Tragédie, etc., en tête de ses Œuvres, édit. 1663, in-4*.)

SOIF, fig. :

Mais, avec cette soif que j'ai de ta ruine,

Je me jette au-devant du coup qui t'assassine. (Pomp., îv, 4.)

SOIN, souci :

Ne voit plus loger avec lui

Le soin, le chagrin, ni l'ennui. [Mélanges poétiques.)

Je dors ici dix heures toutes les nuits, et sans que jamais aucun soiu me réveille. (Dkscartes, Le a., à Balzac, 29 mars 1631.) — La vigilance de cette princesse ne calme pas les soins qui le travaillent. (Boss., Orais. fun. de Condè.)

Nous ne faisons ces courtes citations que pour mémoire.

— avoir des soins, pour prendre des soins :

Quelques soins qu'ait César, sa prudence est déçue. [Pomp., iv, 1.)

Prendre des soins, pour signifier avoir soin «le quelque chose, agir avec soin, est seul usité aujourd'hui. La locution avoir des soins n'en est pas moins excellente chez le grand tragique.

Il dit encore d'une manière plus particulière :

Je veux que de ma haine ils reçoivent des régies,

Qu'ils suivent au combat des urnes au lieu d'aigles ;

Et que ce triste objet porte en leur souvenir

Les soins de le venger, et ceux de te punir. (Pomp., v, 4.)

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